Un colloque international portant sur la dette des six pays de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), à savoir le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad et la République centrafricaine, se tiendra à Yaoundé les 10 et 11 avril 2025. Organisé par les sociétés de bourse Contacturer Capital et Horus Investment Capital, ainsi que par le cabinet Akoa Mballa et Co, cet événement abordera la problématique de la dette souveraine et les opportunités de restructuration qui s’offrent aux États de la région.
Depuis 2011, les pays de la CEMAC se sont fortement endettés, souvent pour financer d’importants projets d’infrastructure. Cependant, la détérioration des réserves de change et les tensions budgétaires fragilisent la stabilité macroéconomique de la sous-région. Pour Paul Onono, directeur de Contacturer Capital SA, il est désormais impératif de repenser la structure de cette dette pour redonner une marge de manœuvre aux économies locales.
Ce colloque vise donc à proposer des solutions adaptées aux réalités économiques de la CEMAC et à tirer parti de l’expertise locale pour améliorer la gestion de la dette publique. L’événement réunira plusieurs acteurs clés, dont le ministre des Finances du Cameroun, le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), des représentants de la Banque africaine de développement (BAD) et du Fonds monétaire international (FMI), ainsi que des dirigeants de grandes institutions financières.
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Au cours des deux jours de discussions, plusieurs thèmes seront abordés, notamment :
- L’état des lieux de la dette souveraine des États de la CEMAC
- Les défis liés à l’endettement et leurs implications sur la stabilité financière
- Les mécanismes de restructuration et les alternatives de financement
- La structuration de transactions financières pour mieux gérer la dette souveraine
La dette souveraine englobe les emprunts émis ou garantis par un État ou sa banque centrale, excluant les entreprises privées et les particuliers. Elle se compose généralement de bons du Trésor, d’obligations souveraines et d’autres instruments financiers servant à financer les dépenses publiques.
En décembre 2024, un sommet d’urgence de la CEMAC s’était déjà tenu au Cameroun pour traiter la question de la stabilité macroéconomique, mise à mal par la baisse des réserves de change. Les difficultés de certains États membres à honorer leurs engagements financiers ont exacerbé la pression sur la trésorerie régionale, rendant une restructuration de la dette inévitable.
Ce colloque constitue donc une opportunité stratégique pour les États de la CEMAC de repenser leur approche de l’endettement et d’explorer des solutions innovantes permettant de garantir une meilleure soutenabilité de leurs finances publiques.



























