Les élections législatives du 19 novembre 2024 ont marqué un tournant dans l’histoire politique du Sénégal. Le Pastef, dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, a obtenu une majorité écrasante, avec 130 sièges sur 165. Cette victoire leur offre une latitude sans précédent pour mettre en œuvre leurs réformes économiques et institutionnelles ambitieuses.
Le Pastef a su s’imposer dans des bastions traditionnellement acquis à l’ancien président Macky Sall, remportant 40 des 46 départements et sept des huit circonscriptions de la diaspora. Les résultats, bien qu’encore provisoires, témoignent d’un large soutien populaire :
- 130 sièges pour le Pastef, contre seulement 16 sièges pour la coalition de l’ancien président.
- Une percée notable du parti Jamm ak Njarin avec sept députés.
- Des résultats décevants pour la coalition de Barthelemy Dias, qui n’obtient que trois sièges.
Le gouvernement nouvellement formé prévoit une augmentation significative de la dépense publique de 15,5 %, atteignant 5 678 milliards de F.CFA (8,66 milliards d’euros). Les priorités incluent :
- Accès aux soins de santé : Améliorer les infrastructures et l’offre de soins.
- Électrification : Étendre l’accès à l’électricité, en particulier dans les zones rurales.
- Formation professionnelle : Renforcer les compétences pour stimuler l’emploi.
Cependant, cette augmentation des dépenses s’accompagnera d’une rationalisation des autres budgets et d’une gestion stricte de la dette publique.
Malgré des tensions lors de la campagne électorale, les élections et l’annonce des résultats se sont déroulées dans un calme relatif. Alioune Tine, fondateur de l’Afrikajom Center, a salué le travail de terrain d’Ousmane Sonko, qui a su mobiliser une large adhésion populaire.
Cependant, l’ancien président Macky Sall, réfugié au Maroc, est sous pression alors qu’un audit commandé par le nouveau gouvernement met en lumière un déficit public supposé de 10,5 % du PIB, bien supérieur aux 5,5 % annoncés par l’ancienne majorité.
La nouvelle majorité devra rapidement adopter le budget 2025, tout en gérant les attentes du FMI, qui attend les conclusions de l’audit de la Cour des comptes. Ces résultats, prévus pour mi-décembre, pourraient conditionner les futurs décaissements du Fonds.
Avec cette majorité historique, le Pastef et son gouvernement ont l’opportunité de transformer le Sénégal. Cependant, ils devront naviguer entre ambitions réformatrices et contraintes budgétaires pour maintenir la confiance des partenaires financiers tout en répondant aux aspirations populaires.







