CEMAC : le FMI tire la sonnette d’alarme face aux dérapages budgétaires
La situation budgétaire au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale suscite de vives inquiétudes. Le Fonds monétaire international a adopté un ton inhabituellement ferme pour dénoncer les dérives constatées dans les finances publiques des États membres, un an après leurs engagements de consolidation budgétaire.
Selon une note confidentielle datée du 26 février 2026 et révélée par Africa Intelligence, les efforts de discipline budgétaire promis par les dirigeants de la région peinent à se concrétiser. Les services du FMI évoquent des « dépenses publiques obstinément élevées » et des « dérapages budgétaires aggravés ».
Une dégradation rapide des équilibres budgétaires
Les indicateurs confirment cette tendance préoccupante. Le déficit budgétaire de la zone CEMAC a doublé en l’espace d’un an, passant de 1,3 % du PIB en 2024 à 2,7 % en 2025. Les perspectives pour 2026 laissent entrevoir une détérioration supplémentaire si des mesures correctives ne sont pas rapidement mises en œuvre.
Cette évolution remet en cause les engagements pris par les États membres en matière de rigueur budgétaire, dans un contexte pourtant marqué par des besoins accrus de financement et une pression croissante sur les équilibres macroéconomiques.
Le Gabon au centre des préoccupations
Parmi les pays de la zone, le Gabon apparaît comme le principal point de tension. Le pays bénéficiait initialement d’un certain crédit auprès des partenaires internationaux. Mais les attentes de rupture avec les pratiques passées tardent à se matérialiser.
Face à cette situation, le FMI conditionne désormais tout nouveau décaissement à la mise en œuvre de réformes concrètes, notamment l’adoption d’un budget rectificatif crédible, l’élargissement de l’assiette fiscale hors pétrole, la réduction des subventions jugées inefficaces et une meilleure maîtrise de la masse salariale publique.
Un risque de contagion régionale
Au-delà du cas gabonais, les déséquilibres observés font peser un risque sur l’ensemble de la sous-région. En raison de l’interdépendance des économies de la CEMAC, les difficultés d’un État peuvent rapidement se répercuter sur les autres.
Ainsi, le blocage du programme du Gabon avec le FMI a des effets en cascade. Des pays comme le Tchad et la République centrafricaine voient leurs propres financements suspendus, dans l’attente d’un rééquilibrage global de la zone.
Un test de crédibilité pour la région
En définitive, la situation actuelle met en lumière les fragilités structurelles de la CEMAC et pose la question de la crédibilité des engagements budgétaires pris par ses États membres. Pour le FMI, un retour à la discipline budgétaire apparaît désormais indispensable afin de préserver la stabilité financière régionale et restaurer la confiance des partenaires internationaux.







