CEDEAO-UE : un plan 2026 pour renforcer paix et sécurité en Afrique de l’Ouest
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a tenu la deuxième réunion du Comité de pilotage du projet Appui de l’Union européenne à la CEDEAO en matière de Paix, Sécurité et Gouvernance (EPSG), en partenariat avec l’Union européenne et le gouvernement de l’Allemagne.
Organisée à l’Fiesta Royale Hotel, à Accra, la rencontre a permis d’évaluer les progrès enregistrés au cours de la première année du projet et d’adopter officiellement le plan de travail 2026 visant à consolider la paix, la sécurité et la gouvernance en Afrique de l’Ouest.
Vers un partenariat plus équilibré
Dans son discours d’ouverture, Abdel-Fatau Musah, commissaire de la CEDEAO aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité, a appelé à repenser les paradigmes traditionnels de l’aide internationale.
Selon lui, la coopération entre la CEDEAO et l’Union européenne doit évoluer vers un partenariat plus équilibré et mutuellement bénéfique, fondé sur le respect et l’appropriation régionale des programmes.
Il a également souligné l’importance :
- d’aligner les projets sur les priorités stratégiques de la CEDEAO,
- de faciliter l’accès direct de l’organisation aux financements internationaux,
- d’accélérer l’opérationnalisation de la force régionale de lutte contre le terrorisme face à l’extrémisme violent et à l’insécurité maritime.
Un projet régional de plus de 29 millions d’euros
Le projet EPSG, mis en œuvre sur la période 2024-2027, bénéficie d’un budget global de plus de 29 millions d’euros.
Il est financé par :
- l’Union européenne,
- le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement,
- le Ministère danois des Affaires étrangères, récemment intégré comme nouveau partenaire.
La mise en œuvre technique du programme est assurée par un consortium composé de :
- Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit,
- Expertise France,
- Fondation internationale et ibéro-américaine pour l’administration et les politiques publiques.
Des avancées dans la prévention des conflits
Les sessions techniques ont permis d’examiner les progrès réalisés dans plusieurs domaines clés liés à la gouvernance et à la sécurité régionale.
Parmi les avancées notables figure la coordination renforcée entre le Centre national de coordination des mécanismes de réponse du Ghana et le Conseil national pour la paix, afin de prévenir la propagation de l’extrémisme violent.
Le projet a également permis :
- la mise à jour du cadre de Réforme et Gouvernance du Secteur de la Sécurité (SSRG) de la CEDEAO,
- l’organisation d’échanges entre parlements des États membres pour renforcer le contrôle démocratique du secteur sécuritaire.
L’IA au service des processus électoraux
Des progrès ont aussi été enregistrés dans la modernisation des processus électoraux, notamment à travers des formations destinées aux responsables des technologies de l’information sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la gestion des élections.
Des missions exploratoires ont également été menées dans plusieurs pays, notamment :
- le Bénin,
- la Gambie,
afin d’accompagner les transitions démocratiques.
Femmes, jeunes et sécurité au cœur du programme
Le projet soutient également l’agenda Femmes, Jeunes, Paix et Sécurité (WYPS) avec l’élaboration de plans d’action nationaux dans plusieurs États membres, notamment :
- la Sierra Leone,
- le Nigéria.
La coopération avec des centres régionaux d’excellence comme le Kofi Annan International Peacekeeping Training Centre et le National Defence College Ghana a également contribué au développement de programmes de formation sur la protection des civils et l’intégration du genre dans les opérations de sécurité.
Les priorités du plan de travail 2026
Le Comité de pilotage a finalement adopté le plan de travail 2026, structuré autour de plusieurs axes :
- prévention des conflits,
- réforme du secteur de la sécurité,
- appui aux processus électoraux,
- promotion de l’agenda Femmes, Jeunes, Paix et Sécurité,
- coopération entre centres régionaux d’excellence de la CEDEAO.
Parmi les nouvelles initiatives figurent également le soutien à la Radio de la CEDEAO pour lutter contre la désinformation et la finalisation du Rapport régional 2026 sur les Femmes, la Paix et la Sécurité.
La réunion s’est conclue par l’adoption de recommandations opérationnelles et un appel à maintenir une certaine flexibilité dans la mise en œuvre du projet, afin de s’adapter à l’évolution du contexte sécuritaire en Afrique de l’Ouest.







