Gambie : la CEDEAO lance le premier centre national de lutte contre la désinformation en Afrique de l’Ouest
La Gambie franchit une étape majeure dans la lutte contre la manipulation de l’information et les campagnes de désinformation. Avec l’appui stratégique de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le pays a officiellement inauguré le 28 avril 2026 le premier Centre national de lutte contre la désinformation et les fausses informations en Afrique de l’Ouest.
Cette initiative inédite vise à renforcer la stabilité démocratique, protéger l’intégrité de l’information publique et prévenir les risques liés à la propagation de contenus trompeurs ou manipulés dans un contexte de digitalisation accélérée.
Un dispositif stratégique contre la manipulation numérique
La cérémonie officielle a été présidée par le vice-président gambien, Muhammad Jallow, en présence du président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, ainsi que de plusieurs représentants gouvernementaux, acteurs de la société civile, médias et partenaires techniques.
Le nouveau centre a pour mission de surveiller, détecter et contrer les campagnes de désinformation susceptibles de menacer la cohésion sociale, les processus électoraux, la santé publique ou encore la sécurité nationale.
Selon Omar Alieu Touray, cette infrastructure dépasse largement le cadre national.
« En facilitant le partage des données, des méthodologies et des alertes précoces, ce centre renforcera la capacité des États membres de la CEDEAO à anticiper, détecter et neutraliser les campagnes de désinformation transfrontalières », a-t-il déclaré.
Un outil régional pour sécuriser les démocraties ouest-africaines
Dans une région confrontée à une multiplication des tensions politiques, des crises sécuritaires et des enjeux électoraux sensibles, la désinformation est désormais perçue comme un facteur de déstabilisation majeur.
Les autorités régionales estiment que les fausses informations et les contenus manipulés alimentent de plus en plus les divisions communautaires, les tensions ethniques et les perturbations électorales.
Le centre gambien ambitionne ainsi de devenir un hub régional de veille informationnelle, capable d’accompagner les pays membres de la CEDEAO dans la lutte contre les menaces numériques transfrontalières.
Pas un outil de censure, assure Banjul
Face aux préoccupations récurrentes liées à la liberté d’expression, les autorités gambiennes ont tenu à clarifier la vocation du dispositif.
Le ministre gambien de l’Information, Dr Ismaila Ceesay, a insisté sur le fait que cette structure ne vise pas à censurer les médias ou restreindre les libertés publiques.
« Ce centre n’est pas un outil de censure. Son objectif est de garantir aux Gambiens l’accès à des informations vérifiées, crédibles et exactes », a-t-il affirmé.
Le centre se concentrera notamment sur :
• la vérification des faits en temps réel ;
• les systèmes d’alerte précoce contre les contenus sensibles ou incendiaires ;
• l’éducation aux médias et à l’information ;
• le renforcement des capacités nationales en cybersécurité informationnelle.
Une nouvelle étape dans la stratégie numérique de la CEDEAO
L’inauguration de ce centre s’inscrit dans la stratégie plus large de la CEDEAO visant à renforcer la résilience démocratique, l’intégrité informationnelle et la paix régionale.
Pour la Gambie, cette initiative consolide également son positionnement comme laboratoire régional de gouvernance numérique et de protection de l’espace informationnel.
Dans un contexte mondial marqué par l’essor de l’intelligence artificielle, des deepfakes et des campagnes d’influence numériques, cette première ouest-africaine pourrait servir de modèle à d’autres pays de la région.







