Cameroun : le financement bancaire de l’économie franchit 6 892 milliards FCFA en 2025
Le financement bancaire de l’économie camerounaise a poursuivi sa progression en 2025, confirmant le rôle croissant du crédit dans le soutien à l’activité économique nationale. Selon les données du comité de politique monétaire compilées dans les « Principaux indicateurs économiques, monétaires et financiers de la CEMAC » publiés par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), les crédits à l’économie ont atteint 6 892,6 milliards FCFA à fin décembre 2025, contre 6 299,8 milliards FCFA un an plus tôt.
Cette progression représente une hausse de près de 593 milliards FCFA, soit une croissance annuelle de 9,4 %.
Le crédit bancaire, moteur de l’expansion monétaire au Cameroun
La progression des crédits bancaires a fortement contribué à l’expansion monétaire observée au Cameroun en 2025.
D’après la BEAC, les crédits à l’économie ont contribué à hauteur de 6,5 points de pourcentage à la croissance de la masse monétaire M2, qui s’est établie à 13,8 % sur l’année.
Les crédits à l’économie regroupent les financements accordés :
- aux entreprises ;
- aux ménages ;
- aux activités productives.
La banque centrale souligne que le système bancaire camerounais a continué à accroître ses financements malgré un environnement monétaire encore prudent.
Les encours ont progressé de manière régulière tout au long de l’année, passant de 6 116,3 milliards FCFA en janvier 2025 à 6 892,2 milliards FCFA en décembre, après 6 791,8 milliards FCFA en novembre.
Les crédits de court terme dominent toujours
La dynamique du financement bancaire au Cameroun a principalement été portée par les crédits de court terme.
Ces financements, généralement destinés à couvrir :
- les besoins de trésorerie des entreprises ;
- les opérations commerciales ;
- les importations,
sont passés de 3 559,7 milliards FCFA fin 2024 à 3 816,9 milliards FCFA fin 2025.
Ils représentent ainsi plus de la moitié des concours accordés à l’économie camerounaise.
Hausse des crédits d’investissement à moyen terme
Les crédits à moyen terme, généralement mobilisés pour financer :
- les investissements productifs ;
- les équipements industriels ;
- les projets d’expansion des entreprises,
ont également progressé.
Leur encours s’est établi à 2 797,1 milliards FCFA à fin décembre 2025, contre 2 530,8 milliards FCFA un an auparavant.
Selon la BEAC, l’accélération observée à partir du second trimestre reflète une reprise progressive de l’investissement privé.
Forte croissance des crédits à long terme
Les financements à long terme restent encore modestes dans la structure globale du crédit, mais affichent la croissance la plus rapide.
Leur encours est passé de 210,2 milliards FCFA en décembre 2024 à 278,1 milliards FCFA en décembre 2025, soit une hausse de 32,3 %.
Pour la banque centrale, cette évolution traduit un allongement progressif des maturités de crédit, signe d’une amélioration graduelle des capacités de financement des projets de long terme.
Plus de liquidités dans l’économie camerounaise
Cette progression du crédit s’inscrit dans un contexte plus large d’augmentation des liquidités dans l’économie.
La masse monétaire camerounaise a atteint 10 356,9 milliards FCFA à fin 2025, contre 9 104,9 milliards FCFA un an plus tôt.
En un an, l’économie a ainsi absorbé plus de 1 250 milliards FCFA de liquidités supplémentaires.
Cette expansion repose sur deux principaux leviers :
- la hausse des crédits bancaires ;
- l’amélioration des avoirs extérieurs nets du système bancaire.
Ces derniers sont passés de 2 785,5 milliards FCFA à 3 395,3 milliards FCFA, soit une progression de 21,9 %.
Le cash reste encore très présent dans l’économie
Les statistiques monétaires montrent également que l’économie camerounaise demeure fortement marquée par l’usage des espèces.
La monnaie fiduciaire a progressé à 2 256 milliards FCFA fin 2025, contre 2 053,6 milliards FCFA un an plus tôt.
Dans le même temps :
- la monnaie scripturale est passée de 4 256,7 milliards FCFA à 4 933,5 milliards FCFA ;
- la quasi-monnaie (épargne et placements à terme) s’établit à 3 167,3 milliards FCFA.
Cette structure illustre la montée progressive de la bancarisation, même si les paiements en espèces conservent encore une place importante dans l’économie nationale.
Une dynamique favorable mais sous surveillance
La hausse des crédits bancaires confirme la résilience du système financier camerounais et son rôle dans le financement de la croissance.
Toutefois, cette dynamique devra s’accompagner d’un suivi rigoureux de la qualité des actifs bancaires et d’un renforcement du financement de long terme, encore insuffisant pour répondre pleinement aux besoins structurels de transformation économique du Cameroun.







