Le Fonds monétaire international estime que le Cameroun pourrait réduire progressivement sa dépendance au pétrole et retrouver une croissance plus dynamique. Mais cette trajectoire reste conditionnée à deux leviers majeurs : la montée en puissance du secteur minier et la mise en œuvre effective des réformes économiques.
Une croissance attendue en amélioration progressive
Dans le cadre de sa mission au titre de l’Article IV 2026, le Fonds monétaire international anticipe une croissance du PIB de 3,1 % en 2025, puis de 3,3 % en 2026, avant une progression graduelle jusqu’à 4,6 % à l’horizon 2031.
Cette dynamique reposerait sur :
- le développement de l’activité minière
- un renforcement de l’investissement public
- une amélioration des infrastructures, notamment dans le secteur énergétique
Le message est clair : le pétrole ne peut plus constituer le moteur principal de la croissance à long terme.
Les mines comme nouveau pilier économique
La diversification commence à se concrétiser avec plusieurs projets miniers structurants. Selon Coface, l’exploitation du minerai de fer a démarré début 2025 à Grand Zambi, avec des premières exportations en cours d’évaluation.
Par ailleurs, le projet de bauxite de Minim Martap, officiellement lancé en mars 2026, devrait entrer en phase d’exploitation dès cette année.
Ces développements marquent un tournant : la diversification économique ne se limite plus aux annonces, mais s’appuie désormais sur des projets en phase opérationnelle.
Un relais minier encore fragile
Toutefois, le FMI souligne que cette transition dépendra fortement des capacités d’accompagnement du pays. Le développement du secteur minier exige :
- des infrastructures logistiques performantes (routes, rail, ports)
- un approvisionnement énergétique fiable
- une exécution efficace des investissements publics
Sans ces conditions, le potentiel des mines pourrait rester sous-exploité.
Des vulnérabilités persistantes
Malgré ces perspectives, l’économie camerounaise reste exposée à plusieurs risques. Le déficit courant devrait atteindre 3,9 % du PIB en 2025, en hausse par rapport à 2024, notamment en raison du recul des exportations pétrolières.
Le Fonds monétaire international met également en avant :
- la volatilité des prix des matières premières
- le durcissement des conditions financières internationales
- les contraintes sécuritaires et climatiques
- la baisse potentielle de l’aide extérieure
Des réformes indispensables pour soutenir la trajectoire
Le scénario de croissance présenté par le FMI reste étroitement lié à la poursuite des réformes. L’institution recommande notamment :
- le renforcement de la mobilisation des recettes non pétrolières
- une meilleure gestion des finances publiques
- l’opérationnalisation du compte unique du Trésor
- l’approfondissement du marché régional de la dette
Elle insiste également sur l’amélioration de la gouvernance, de la transparence et de l’exécution des investissements publics.
Lire aussi : Cameroun : vers un nouveau programme avec le FMI
Une trajectoire encore conditionnelle
Si les signaux sont encourageants, notamment avec les projets de Grand Zambi et de Minim Martap, la transformation structurelle de l’économie camerounaise reste à confirmer.
Le Fonds monétaire international trace ainsi une perspective optimiste mais prudente : le Cameroun peut réussir sa diversification et réduire sa dépendance au pétrole, à condition que les projets miniers atteignent effectivement leur phase de production et que les réformes avancent au même rythme.
Dans ce contexte, les prochaines années seront décisives pour tester la solidité de cette stratégie et la capacité du pays à bâtir une croissance plus résiliente et durable.







