Un déficit commercial en forte aggravation
Le Cameroun enregistre une nouvelle détérioration de sa balance commerciale en 2025. Selon l’Institut national de la Statistique (INS), le déficit s’est établi à 2 145,2 milliards de FCFA, contre 1 747,3 milliards FCFA en 2024, soit une hausse de 22,8 %.
Cette dégradation s’explique par une double dynamique : la baisse des exportations et l’augmentation des importations.
Des exportations en recul et des importations en hausse
Les recettes d’exportation ont diminué de 168,1 milliards FCFA (-5,2 %), tandis que les dépenses d’importation ont progressé de 229,8 milliards FCFA (+4,6 %).
Résultat : le taux de couverture des importations par les exportations s’est dégradé, passant de 65,1 % en 2024 à 59,0 % en 2025. Autrement dit, le pays ne couvre désormais que 59 % de ses importations par ses exportations.
Un déficit encore plus marqué hors pétrole
Le déficit commercial est encore plus prononcé lorsqu’on exclut le pétrole brut. Il atteint alors 2 850,9 milliards FCFA, en hausse de 100,9 milliards FCFA sur un an.
En intégrant le gaz naturel, le déficit s’alourdit davantage pour atteindre 3 157,6 milliards FCFA, confirmant la forte dépendance du pays aux hydrocarbures pour équilibrer ses échanges extérieurs.
Une facture des importations dominée par les produits énergétiques
Les importations totales s’élèvent à 5 229,2 milliards FCFA en 2025, tirées notamment par les prix des carburants et lubrifiants.
Les produits minéraux représentent 19,1 % des importations, dont :
• 15,1 % pour les carburants et lubrifiants
• 1,9 % pour les clinkers
Malgré leur poids, les importations de produits minéraux ont reculé de 15,1 % par rapport à 2024.
Les équipements et produits chimiques en soutien à l’économie
Les machines et appareils mécaniques et électriques constituent 14,5 % des importations, soit 757,4 milliards FCFA, bien qu’en légère baisse (-3,7 %).
De leur côté, les produits des industries chimiques progressent de 5 %, atteignant 548 milliards FCFA, incluant :
• produits pharmaceutiques (3,4 %)
• produits chimiques divers (2,2 %)
• insecticides et fongicides (1,7 %)
Ces importations traduisent les besoins du pays en intrants industriels et sanitaires.
Repli des importations de produits agricoles
À l’inverse, les importations de produits du règne végétal ont diminué de 12,5 %, pour s’établir à 546 milliards FCFA.
Cette baisse est principalement liée au recul de 14,1 % des importations de céréales, dans un contexte de volatilité des marchés agricoles.
Un déséquilibre structurel persistant
L’aggravation du déficit commercial met en lumière les fragilités structurelles de l’économie camerounaise, marquée par :
• une dépendance aux importations
• une faible diversification des exportations
• une forte sensibilité aux fluctuations des prix internationaux
Dans ce contexte, le renforcement de la production locale et la diversification des exportations apparaissent comme des leviers essentiels pour rééquilibrer durablement la balance commerciale.







