Le Cameroun veut accélérer l’investissement dans sa jeunesse
Le Cameroun veut faire de sa jeunesse un moteur de transformation économique et sociale. Le gouvernement a organisé, le 11 août 2026 à Yaoundé, une Table ronde des partenaires pour l’opérationnalisation de la Politique nationale de la jeunesse (PNJ) 2025-2035.
La rencontre était coprésidée par Paul Tasong, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, chargé de la Planification, et Mounouna Foutsou, ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique.
La ministre des Affaires sociales, Pauline Irène Nguéné, ainsi que des représentants des administrations sectorielles, du système des Nations unies, des partenaires techniques et financiers, du secteur privé, de la société civile et des organisations de jeunesse ont également pris part aux travaux.
L’objectif était de passer de la vision à l’action en mobilisant les ressources nécessaires à la mise en œuvre de la PNJ 2025-2035.
386,1 milliards FCFA pour le Plan Jeunesse
Pour la période 2025-2030, le Plan Jeunesse prévoit une enveloppe globale de 386,1 milliards de FCFA.
Cette enveloppe est répartie autour de quatre grands piliers :
- 334 milliards de FCFA pour l’éducation et la formation ;
- 30,2 milliards de FCFA pour l’emploi et l’insertion économique ;
- 11,6 milliards de FCFA pour la participation, la santé et le bien-être ;
- 10,3 milliards de FCFA pour la gouvernance institutionnelle.
Cette répartition montre le poids accordé à l’éducation et à la formation, qui concentrent à elles seules plus de 86 % de l’enveloppe prévue.
L’enjeu est de renforcer le capital humain tout en améliorant l’accès des jeunes à l’emploi, à l’entrepreneuriat et aux nouvelles opportunités économiques.
L’éducation et l’emploi au cœur des priorités
La stratégie camerounaise repose d’abord sur le développement des compétences. Les investissements dans l’éducation et la formation doivent permettre de mieux préparer les jeunes aux besoins d’une économie en transformation.
L’emploi et l’insertion économique constituent le deuxième axe financier du programme. Avec 30,2 milliards de FCFA, le gouvernement entend renforcer les dispositifs permettant aux jeunes d’accéder au marché du travail et de développer des activités économiques.
Cette orientation vise notamment à transformer le potentiel démographique de la jeunesse en capital humain productif.
Numérique, IA et agro-business comme leviers
La stratégie ne se limite toutefois pas aux secteurs traditionnels de formation et d’emploi. Le gouvernement entend également miser sur les secteurs considérés comme porteurs pour l’avenir.
Le numérique, les STEM, l’intelligence artificielle, l’agro-business, l’économie verte et les métiers d’avenir figurent ainsi parmi les domaines appelés à créer de nouvelles opportunités.
Pour les autorités, ces secteurs doivent contribuer à transformer les compétences et les idées des jeunes en activités créatrices de valeur et d’emplois.
Cette orientation s’inscrit dans une volonté plus large de préparer la jeunesse aux transformations technologiques et économiques qui redessinent progressivement le marché du travail.
L’« Approche Jeune » au cœur de la stratégie
Lors de la Table ronde, Paul Tasong a insisté sur la nécessité de ne plus considérer la jeunesse comme une simple catégorie démographique.
Elle doit plutôt être appréhendée comme une force de transformation économique, d’innovation et de cohésion sociale.
Dans cette logique, le gouvernement veut renforcer l’« Approche Jeune », une innovation institutionnelle visant à intégrer systématiquement la dimension jeunesse dans la conception, la planification, la budgétisation et l’évaluation des politiques publiques.
Cette approche doit permettre de passer d’une succession de programmes isolés à une politique publique davantage coordonnée, intégrée et orientée vers les résultats.
Vers une meilleure coordination des partenaires
L’un des enjeux de la Table ronde était également d’améliorer la coordination entre les différents acteurs intervenant en faveur de la jeunesse.
Le gouvernement souhaite notamment mieux articuler les actions des administrations publiques, des collectivités territoriales décentralisées, des partenaires techniques et financiers, du secteur privé et des organisations de jeunesse.
L’objectif est d’éviter la dispersion des ressources et de renforcer l’efficacité des interventions.
Cette coordination est d’autant plus importante que le financement des 386,1 milliards de FCFA prévus nécessite la mobilisation de ressources publiques et privées ainsi que l’engagement durable des partenaires au développement.
Le Cameroun veut des partenariats durables
Le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou, a appelé les partenaires à dépasser la logique traditionnelle de financement de projets ponctuels.
Le gouvernement souhaite désormais favoriser des partenariats structurants, des financements additionnels et des mécanismes durables de coopération.
Dans cette perspective, la relance de la Plateforme pour la Jeunesse au Cameroun (PPJC) doit offrir un cadre de dialogue et d’alignement stratégique entre l’État, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé, la société civile et les organisations de jeunesse.
Un enjeu d’exécution pour les prochaines années
La mobilisation des ressources ne constitue toutefois qu’une première étape. La réussite de la Politique nationale de la jeunesse dépendra également de la capacité à transformer les engagements financiers en résultats concrets.
Le suivi, l’évaluation et la redevabilité des actions engagées seront donc essentiels pour mesurer l’impact des investissements.
À travers cette Table ronde, le Cameroun cherche ainsi à poser les bases d’une politique de jeunesse plus intégrée, mieux financée et davantage orientée vers les opportunités économiques.
Avec 386,1 milliards de FCFA programmés sur 2025-2030, le défi sera désormais de convertir cet effort financier en compétences, emplois, innovation et inclusion économique pour une jeunesse appelée à jouer un rôle central dans l’émergence du pays.







