Le cacao camerounais démarre la campagne sur un prix élevé
La campagne cacaoyère 2026-2027 au Cameroun s’ouvre sur un niveau de prix de référence particulièrement élevé. Au 1er septembre 2026, le kilogramme de fèves de cacao est fixé à 3 654 FCFA en valeur CAF, selon les données publiées par l’Office national du cacao et du café (ONCC).
Cette valeur correspond au prix Coût, Assurance et Fret (CAF), c’est-à-dire au prix de la marchandise à son arrivée au port de destination. Elle constitue un indicateur important pour les différents acteurs de la filière, mais ne correspond pas directement au prix payé aux producteurs au bord du champ.
Un prix CAF à distinguer du prix bord-champ
Le prix de référence CAF sert notamment de base aux transactions entre les différents maillons de la chaîne. Une fois les coûts logistiques, les marges des intermédiaires et les prélèvements applicables pris en compte, le niveau de référence contribue à déterminer les conditions de rémunération des producteurs.
À 3 654 FCFA le kilogramme, le niveau annoncé offre donc un signal favorable aux acteurs de la filière. Toutefois, son impact réel sur les revenus des planteurs dépendra des prix effectivement pratiqués dans les bassins de production.
Les écarts peuvent notamment varier selon la qualité des fèves, la zone de production, les conditions de commercialisation et le pouvoir de négociation des producteurs et des acheteurs.
Le Cameroun profite du regain des cours mondiaux
Cette évolution intervient dans un contexte international marqué par une forte volatilité du marché du cacao. Les difficultés de production observées ces dernières années dans plusieurs grands pays producteurs d’Afrique de l’Ouest ont contribué à maintenir les cours internationaux à des niveaux élevés.
Maladies des cacaoyers, vieillissement des plantations et perturbations climatiques ont notamment affecté l’offre mondiale. Le Cameroun bénéficie ainsi indirectement de cette situation, même si sa production reste nettement inférieure à celle des principaux producteurs mondiaux.
Le pays figure parmi les principaux producteurs mondiaux de cacao et la filière constitue une source importante de revenus pour les exploitations agricoles ainsi que de recettes d’exportation.
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La traçabilité devient un enjeu majeur
Le niveau des prix n’est toutefois pas le seul défi auquel la filière camerounaise doit faire face. L’accès aux principaux marchés internationaux impose désormais des exigences croissantes en matière de traçabilité, de durabilité et de lutte contre la déforestation.
Pour les producteurs et les exportateurs camerounais, la capacité à démontrer l’origine des fèves et leur conformité aux nouvelles exigences des marchés internationaux devient donc un facteur déterminant de compétitivité.
Cette évolution impose également aux coopératives et aux autres acteurs de la chaîne de renforcer leurs systèmes de collecte et de suivi des productions.
La transformation locale au cœur des enjeux
Au-delà de la hausse du prix de référence, la question de la transformation locale du cacao reste stratégique pour le Cameroun.
Le développement des capacités de transformation permettrait au pays de conserver davantage de valeur ajoutée sur son territoire, plutôt que de dépendre principalement de l’exportation de fèves brutes.
Cette ambition suppose toutefois de trouver un équilibre entre les intérêts des producteurs, des exportateurs et des industriels locaux. Un prix élevé des fèves peut améliorer les revenus agricoles, mais il peut également augmenter les coûts d’approvisionnement des transformateurs camerounais confrontés à la concurrence des acheteurs internationaux.
Les producteurs veulent une meilleure transmission des prix
Pour les organisations de producteurs, le principal enjeu reste désormais la transmission effective des niveaux de prix internationaux jusqu’au producteur.
Le prix CAF de 3 654 FCFA le kilogramme constitue un indicateur favorable, mais il ne garantit pas à lui seul une amélioration équivalente du revenu des planteurs.
La transparence des mécanismes de commercialisation, l’amélioration de la qualité des fèves, le renforcement des coopératives et le développement de la transformation locale seront donc déterminants pour permettre à la filière camerounaise de tirer pleinement profit de la conjoncture actuelle.
Avec ce nouveau repère de 3 654 FCFA le kilogramme, la campagne 2026-2027 démarre ainsi dans un environnement favorable sur le plan des prix. Reste à savoir quelle part de cette valeur se traduira concrètement dans le revenu des producteurs camerounais.








L’amélioration de la rémunération de la fève de cacao engendre l’insécurité et la montée de nombreux fléaux sociaux comme le vol des cabosses de nuit comme le jour ; le cossage ,
les branchages, les litiges fonciers, la haine la jalousie . Il faut que l’ État restructure la sécurité dans nos campagnes.