Burkina Faso : le gasoil augmente de 75 FCFA à 750 FCFA
Le gouvernement burkinabè a décidé de relever le prix du gasoil de 675 à 750 FCFA le litre, soit une hausse de 75 FCFA. Cette augmentation, annoncée dimanche à la télévision nationale, intervient alors que l’État cherche à contenir le coût croissant des subventions énergétiques tout en limitant l’impact de la mesure sur les ménages.
L’annonce a été faite par Abdoul Salam Gampéné, secrétaire général de la Primature et président du Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures.
Il s’agit de la première hausse du prix du gasoil depuis août 2022.
Le coût réel du gasoil atteint 1 050 FCFA
Selon le gouvernement, le prix du gasoil aurait atteint environ 1 050 FCFA par litre si le produit était vendu sans intervention de l’État.
La hausse décidée permet donc de réduire partiellement l’écart entre le prix appliqué à la pompe et le coût réel d’approvisionnement, sans toutefois supprimer la subvention.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par la progression des cours internationaux des produits pétroliers et l’appréciation du dollar par rapport au franc CFA, deux facteurs qui renchérissent les coûts d’importation.
60 milliards FCFA de subventions au premier semestre
Le poids budgétaire du soutien aux carburants constitue l’un des principaux arguments avancés par les autorités.
Les subventions consacrées au gasoil auraient atteint 60 milliards de FCFA au premier semestre 2026. En maintenant le prix à 675 FCFA jusqu’à la fin de l’année, leur montant pourrait dépasser 135 milliards de FCFA sur l’ensemble de 2026.
Le gouvernement cherche ainsi à réduire progressivement la pression exercée par les subventions sur les finances publiques, sans procéder à une libéralisation brutale des prix.
Une consommation en forte progression
La décision est également liée à l’évolution de la consommation nationale de gasoil.
Selon les données communiquées par les autorités, le Burkina Faso a consommé 365 millions de litres au cours des six premiers mois de 2026. Sur cette base, la consommation annuelle pourrait atteindre environ 730 millions de litres.
Le gouvernement évoque également l’augmentation des approvisionnements transfrontaliers. Le prix relativement faible du gasoil au Burkina Faso par rapport à certains pays voisins aurait favorisé des achats destinés à être écoulés au-delà des frontières nationales.
La hausse vise donc également à limiter les effets de ces différentiels de prix sur la demande et les finances publiques.
Le Super 91 reste à 850 FCFA
Le gouvernement n’a pas modifié le prix du Super 91, qui demeure fixé à 850 FCFA le litre.
Son coût réel est toutefois estimé à environ 920 FCFA par litre sans subvention. L’État continue donc de prendre en charge une partie du coût afin de maintenir le prix à la pompe.
Cette décision permet de limiter l’impact immédiat de la révision tarifaire sur les automobilistes et les ménages.
Le gaz butane toujours fortement subventionné
Le dispositif de soutien est également maintenu pour le gaz butane, particulièrement important pour les ménages.
La bouteille de 6 kg reste vendue à 2 000 FCFA, alors que son prix sans subvention serait estimé à environ 4 300 FCFA.
Pour la bouteille de 12 kg, le prix demeure fixé à 5 500 FCFA, contre un coût réel estimé à environ 8 960 FCFA.
Le gouvernement entend ainsi préserver l’accès des ménages à cette source d’énergie tout en poursuivant ses efforts de maîtrise des dépenses liées aux subventions.
Un arbitrage entre pouvoir d’achat et finances publiques
La hausse du gasoil traduit finalement un arbitrage entre deux impératifs : préserver le pouvoir d’achat des ménages et réduire le coût budgétaire des subventions énergétiques.
En portant le litre de gasoil à 750 FCFA, les autorités ne suppriment pas la subvention, mais cherchent à en limiter progressivement le poids.
L’évolution des cours internationaux du pétrole, du taux de change et de la consommation nationale sera désormais déterminante pour mesurer l’efficacité de cette nouvelle politique tarifaire. Pour le gouvernement, l’enjeu consiste à maintenir un équilibre entre accessibilité des produits énergétiques, soutenabilité budgétaire et sécurisation des approvisionnements.







