Le Burkina Faso et le Fonds Monétaire International (FMI) ont conclu un accord au niveau des services dans le cadre de la troisième revue de leur programme économique appuyé par la Facilité Élargie de Crédit (FEC). Cette étape décisive ouvre la voie à un décaissement de 32 millions de dollars américains, soit environ 24,1 millions de DTS, après validation par le Conseil d’administration du FMI, prévue pour juin 2025.
Malgré un environnement marqué par des tensions sécuritaires persistantes et des conditions financières complexes, la croissance économique du Burkina Faso est estimée à 5 % en 2024, portée par les performances solides du secteur agricole et des services. Elle devrait rester dynamique en 2025, tandis que l’inflation, qui atteignait 4,2 %, est attendue en recul à 3 %.
Les autorités burkinabè ont réitéré leur engagement envers le critère de convergence de l’UEMOA, visant un déficit budgétaire de 3 % du PIB d’ici 2027. Elles ont ainsi adopté un budget 2025 prévoyant une consolidation fiscale ambitieuse de plus de 2 points de PIB, avec une priorité donnée à l’éducation, la santé, la protection sociale et la réduction de la pauvreté, tout en réduisant la dépendance à la dette publique.
Dirigée par Jaroslaw Wieczorek, chef de mission du FMI pour le Burkina Faso, la délégation s’est rendue à Ouagadougou du 1er au 8 avril 2025. Cette mission entre dans le cadre du programme de 4 ans lancé en septembre 2023, d’un montant total de 228,76 millions de DTS (soit 302 millions de dollars).
M. Wieczorek a salué les efforts du gouvernement burkinabè, notamment dans la mobilisation des recettes internes, la maîtrise de la masse salariale, la gestion des arriérés intérieurs et la transparence budgétaire, malgré le contexte sécuritaire difficile. Il a toutefois reconnu que certains objectifs, dont celui d’un déficit fiscal de 5 % du PIB, n’ont pas été atteints fin 2024. En réponse, le gouvernement a ajusté sa trajectoire budgétaire et pourrait bénéficier d’un assouplissement temporaire du seuil de déficit, à 4 % du PIB en 2025, sous condition de financements extérieurs supplémentaires.
Le FMI a également ouvert des discussions préliminaires sur une possible collaboration future à travers le Fonds de résilience et de durabilité (RSF), afin de renforcer la capacité du Burkina Faso à faire face aux chocs économiques et climatiques.
Au cours de cette mission, le FMI a rencontré plusieurs acteurs de haut niveau, dont Aboubakar Nacanabo, ministre de l’Économie et des Finances, Armand Badiel, directeur national de la BCEAO, ainsi que des représentants du secteur privé et des partenaires au développement.
Par cette nouvelle étape, le Burkina Faso confirme sa volonté de maintenir un cadre macroéconomique stable, de favoriser l’inclusion sociale et d’attirer la confiance des partenaires internationaux, dans un contexte régional en pleine mutation.










































