Le Burkina Faso a enregistré en 2024 une performance historique en matière d’exportations, avec des recettes évaluées à 3 708,3 milliards de FCFA, en hausse de 15,6 % par rapport à 2023. Cette progression notable masque toutefois une forte concentration des ventes extérieures, cinq produits représentant à eux seuls 89,1 % de la valeur totale des exportations du pays.
L’or, pilier incontesté des recettes extérieures
Sans surprise, l’or non monétaire demeure le socle de l’économie exportatrice burkinabè. Il concentre à lui seul 78,6 % des recettes d’exportation. En un an, les revenus issus du métal jaune ont progressé de 32,1 %, une dynamique portée à la fois par la hausse des cours internationaux (+16,9 %) et par l’augmentation des volumes exportés (+13 %).
Le rapport de la BCEAO sur la balance des paiements et la position extérieure globale met également en lumière une évolution majeure : l’essor spectaculaire de l’or issu de l’exploitation artisanale. La production officiellement commercialisée est passée de 124,2 kg en 2023 à plus de 8 tonnes en 2024, résultat d’une meilleure structuration du circuit de collecte et de commercialisation par l’État. Cette formalisation accrue a permis d’élargir l’assiette des exportations tout en renforçant la traçabilité des flux.
Le coton en reprise après une campagne difficile
Deuxième produit d’exportation du pays, le coton fibre représente 5,5 % des recettes extérieures. Malgré un recul de 5 % des prix sur le marché international, les recettes ont progressé de 32,2 %, soutenues par un rebond marqué des volumes exportés (+39,5 %). Cette performance traduit une amélioration des rendements et une reprise après une campagne 2023 pénalisée par des conditions climatiques et sécuritaires défavorables.
Une structure d’exportation peu diversifiée
Outre l’or et le coton, quelques produits agricoles et miniers complètent le Top 5 des exportations, mais sans remettre en cause la dépendance structurelle du pays à un nombre limité de filières. Cette concentration expose l’économie burkinabè aux chocs exogènes, notamment aux fluctuations des cours mondiaux des matières premières et aux aléas climatiques.
Un défi stratégique pour la soutenabilité externe
Si la performance de 2024 renforce la position extérieure du Burkina Faso à court terme, elle souligne également l’urgence d’une diversification de la base exportatrice. Le développement de filières à plus forte valeur ajoutée, la transformation locale des matières premières et la promotion des exportations non traditionnelles apparaissent comme des leviers essentiels pour réduire la vulnérabilité de l’économie et consolider durablement les équilibres extérieurs.








































