Le Burkina Faso a réalisé un effort budgétaire majeur en remboursant près de 1200 milliards FCFA de dette intérieure entre janvier et fin novembre 2025. Cette opération a été rendue possible grâce à une hausse significative des recettes publiques, qui ont atteint 2500 milliards FCFA au 30 septembre 2025, soit 105 % de l’objectif annuel.
L’annonce a été faite par le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubacar Nacanabo, lors du compte rendu du Conseil des ministres du 4 décembre 2025. Le ministre a souligné que ces recettes provenant des impôts, taxes et autres ressources collectées par les administrations dépassent de 388 milliards FCFA celles enregistrées à la même période en 2024. Une progression qui traduit une amélioration notable du recouvrement fiscal, essentielle pour réduire les tensions sur la trésorerie de l’État.
Un remboursement important mais une dette toujours en évolution
Les ressources supplémentaires dégagées ont permis de rembourser une partie de la dette intérieure du Burkina Faso, qui pèse surtout sur les entreprises locales, les fournisseurs de l’État et les institutions financières du pays. Malgré ce remboursement massif, la dette intérieure continue d’augmenter sous l’effet de nouveaux engagements publics.
Elle s’élevait à 4858,75 milliards FCFA fin mars 2025, contre 4777,91 milliards FCFA fin décembre 2024, ce qui représente une hausse de 1,7 % en trois mois. Selon le bulletin statistique n°2 de la dette publique 2025, publié par la Direction générale du Trésor, 77,9 % de cette dette est constituée de titres publics émis sur le marché financier régional, principalement des bons et obligations du Trésor.
Un instrument clé de la politique budgétaire
Le ministre Nacanabo rappelle que la dette intérieure joue un rôle central dans la gestion budgétaire du pays. Même après des remboursements importants, elle se reconstitue au gré des nouveaux besoins de financement de l’État, notamment pour soutenir les investissements publics, les programmes sociaux ou répondre à des urgences économiques.
Une dynamique qui reflète les contraintes du financement public
La hausse des recettes offre une marge de manœuvre bienvenue, mais ne règle pas l’équation globale du financement de l’État. Les autorités doivent continuer à arbitrer entre remboursement de la dette, financement des services publics et mobilisation de nouvelles ressources pour soutenir la croissance.









































