BOA-Mali : Bloomfield maintient la note A- et une perspective stable
L’agence panafricaine de notation financière Bloomfield Investment Corporation maintient la note de Bank of Africa Mali (BOA-Mali) à A- à long terme et A1 à court terme, avec une perspective stable. Cette notation, valable de juin 2026 à mai 2027, confirme la résilience financière de la banque dans un environnement malien marqué notamment par les difficultés sécuritaires et énergétiques.
Dans sa fiche de notation publiée le 18 août 2026, Bloomfield Investment Corporation reconduit ainsi les notes attribuées à BOA-Mali. La banque conserve son A- sur le long terme et son A1 sur le court terme, avec une perspective stable.
Pour une banque cotée à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) depuis mai 2016, cette stabilité de la notation traduit la capacité de l’établissement à préserver ses principaux équilibres financiers malgré un environnement opérationnel particulièrement contraignant.
Une rentabilité en progression en 2025
Les performances financières enregistrées par BOA-Mali au cours de l’exercice 2025 ont contribué à soutenir cette appréciation de Bloomfield.
Le total bilan de la banque a progressé de 9,6 % sur un an pour atteindre 593,455 milliards de FCFA à fin 2025. Cette évolution a notamment été portée par une forte progression des créances interbancaires.
Dans le même temps, le résultat net s’est établi à 11,081 milliards de FCFA, en hausse de 21,5 % par rapport à 2024. Le Produit net bancaire (PNB) a également progressé de 5,1 %, pour atteindre 37,996 milliards de FCFA.
Cette amélioration de la rentabilité s’inscrit notamment dans un contexte de meilleure maîtrise des charges et de réduction du coût du risque net, souligne l’agence de notation.
Les fonds propres de BOA-Mali ont, pour leur part, augmenté de 7,8 %, à 49,820 milliards de FCFA. Cette progression renforce la capacité de la banque à absorber d’éventuels chocs dans un environnement économique et financier encore incertain.
La collecte des dépôts soutient la liquidité
L’un des éléments favorables relevés par Bloomfield concerne également l’amélioration de la collecte des ressources.
Les dettes à l’égard de la clientèle ont augmenté de 19,6 % en 2025 pour atteindre 502,890 milliards de FCFA. Cette progression traduit une amélioration de la mobilisation des dépôts, en lien avec la stratégie commerciale mise en œuvre par la banque.
À l’inverse, les créances sur la clientèle ont diminué de 8,2 %, à 253,648 milliards de FCFA.
Cette contraction des crédits ne constitue toutefois pas nécessairement un signal de dégradation selon Bloomfield. Elle s’explique notamment par les mesures de prudence adoptées par BOA-Mali face aux risques de crédit dans le contexte actuel.
Bloomfield relève plusieurs facteurs favorables
Pour justifier le maintien de la notation, l’agence identifie plusieurs éléments positifs.
Elle relève notamment :
- l’exécution jugée satisfaisante du Plan de développement 2025-2027 à fin 2025 ;
- l’amélioration de la collecte des ressources ;
- la résilience et la rentabilité de l’activité malgré le contexte malien ;
- la réduction du coût du risque net grâce aux efforts de recouvrement ;
- le maintien d’un niveau de liquidité significatif ;
- ainsi que l’allègement des taux directeurs de la BCEAO, susceptible de favoriser le coût de la ressource.
Ces différents facteurs contribuent à soutenir les fondamentaux de la banque et expliquent le maintien de la perspective stable.
Des risques toujours présents dans l’environnement malien
Bloomfield identifie néanmoins plusieurs points de vigilance.
Le premier concerne le recul de l’encours des crédits à la clientèle, conséquence des mesures de prudence adoptées par la banque. Cette évolution pourrait limiter la dynamique de financement de l’économie si elle devait se prolonger.
L’agence relève également une dégradation du coefficient net d’exploitation, notamment sous l’effet de la progression des dotations aux amortissements.
Enfin, BOA-Mali reste exposée à un environnement bancaire national difficile, marqué par les crises sécuritaire et énergétique qui affectent le fonctionnement de l’économie malienne.
Pour autant, ces facteurs de risque ne remettent pas en cause, à ce stade, l’appréciation de Bloomfield. Le niveau de liquidité, la progression des fonds propres, l’amélioration du recouvrement et la rentabilité de la banque constituent des éléments de soutien suffisamment importants pour maintenir une perspective stable.
Une notation qui confirme la solidité des fondamentaux
Sur l’échelle de Bloomfield, la note A- à long terme correspond à une qualité de crédit élevée, caractérisée par de bons facteurs de protection, mais susceptible de connaître davantage de variabilité en cas de persistance des pressions économiques.
La note A1 à court terme traduit, quant à elle, une très forte certitude de remboursement dans les délais, soutenue par des facteurs de liquidité jugés excellents et des risques considérés comme mineurs.
La reconduction de ces deux notes montre ainsi que, malgré les contraintes auxquelles elle fait face, BOA-Mali conserve des fondamentaux financiers jugés solides par l’agence de notation.
BOA-Mali, une filiale importante du groupe BOA West Africa
Agréée en qualité d’établissement bancaire depuis le 24 décembre 1982, Bank of Africa Mali est organisée sous la forme d’une société anonyme à conseil d’administration.
À fin 2025, son capital social s’élevait à 27,450 milliards de FCFA. Son actionnariat demeure largement contrôlé par BOA West Africa, qui détenait 64,18 % du capital au terme de l’exercice.
La confirmation de la notation intervient donc alors que la banque poursuit son développement dans un marché où les risques opérationnels restent élevés, mais où l’amélioration de la rentabilité, de la collecte des ressources et des fonds propres contribue à préserver sa solidité financière.








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