Le Bénin franchit une étape majeure dans la protection de ses petits agriculteurs en lançant un projet pilote d’assurance agricole à indice de rendement. Cette initiative inédite dans l’UEMOA vise à couvrir 100 000 exploitants agricoles contre les pertes de production liées aux aléas climatiques tels que la sécheresse, les inondations et les maladies des cultures.
Contrairement aux assurances agricoles classiques, qui indemnisent après une évaluation individuelle des pertes, ce dispositif repose sur des indices objectifs et mesurables. Grâce à des outils de télédétection par satellite, des capteurs météorologiques et des modèles agricoles, le rendement moyen d’une culture est surveillé sur une zone géographique donnée.
Si la production chute en dessous d’un seuil prédéfini, tous les agriculteurs assurés de la région reçoivent une indemnisation automatique, sans qu’il soit nécessaire de procéder à des évaluations terrain fastidieuses.
Ce système présente plusieurs atouts majeurs pour les agriculteurs béninois :
- Une indemnisation rapide : les paiements sont déclenchés immédiatement après la constatation des pertes.
- Un coût réduit : moins d’intermédiaires et de démarches administratives rendent l’assurance plus abordable.
- Un accès facilité au crédit : les banques sont plus enclines à financer les agriculteurs dont les récoltes sont couvertes par une assurance.
Déjà expérimenté dans d’autres pays africains, ce modèle peine encore à gagner en popularité, malgré la sécurité financière qu’il offre en cas de sinistre climatique majeur.
Présenté le 4 mars 2025 par le ministre béninois de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Gaston Cossi Dossouhoui, ce projet bénéficie d’un important soutien financier international.
Les Coopérations suisse et luxembourgeoise financent 80 % des primes d’assurance, avec un budget total de 2,37 milliards FCFA. L’initiative est également portée par NSIA Assurances Bénin et le cabinet Pula Advisors, spécialisé dans l’assurance agricole.
Si ce projet représente une avancée significative, convaincre les agriculteurs de souscrire à une assurance reste un défi. La culture de la prévention et du risque est encore peu ancrée dans le monde rural.
Un travail de pédagogie sera donc nécessaire pour leur faire adopter cette solution, qui pourrait pourtant devenir un levier essentiel de résilience face au changement climatique.







