Financement : le Bénin prépare une émission de sukuk en dollars
Dans le cadre de sa stratégie de gestion de la dette publique pour l’exercice 2026, le gouvernement béninois envisage un retour sur le marché financier international à travers une opération structurée et innovante. Celle-ci inclurait une obligation islamique (sukuk) libellée en dollars américains, marquant une étape importante dans la diversification des sources de financement de l’État.
Selon les projections en cours, l’opération porterait sur une dette de maturité sept ans, assortie d’une clause de flexibilité permettant un relèvement du montant initialement émis en fonction de la demande. Si elle se concrétise, cette transaction constituerait la première émission de sukuk souverain en Afrique en 2026.
Une diversification assumée des instruments de dette
Pour piloter cette levée de fonds, les autorités béninoises ont mandaté un consortium de banques internationales, illustrant l’ambition de toucher une base d’investisseurs élargie, notamment ceux spécialisés dans la finance islamique.
Le recours au sukuk s’inscrit dans une logique de diversification des instruments de financement et de recherche de conditions plus optimisées sur les marchés internationaux. Il traduit également la volonté du Bénin de se positionner sur des segments de marché encore peu exploités par les États africains.
Le sukuk, un instrument adossé à des actifs réels
Contrairement aux obligations conventionnelles, le sukuk respecte les principes de la finance islamique, qui prohibent le paiement d’intérêts. Il repose obligatoirement sur des actifs tangibles, tels que des infrastructures ou des biens immobiliers.
Dans ce schéma, l’investisseur ne détient pas une créance classique, mais une quote-part de propriété sur un actif ou un projet, lui donnant droit à une part des revenus générés. Ce mécanisme permet de lier le financement aux actifs réels, un argument de plus en plus recherché par certains investisseurs institutionnels.
Lire aussi : Bénin : levée réussie de 20,097 milliards FCFA sur le marché de l’UEMOA
Un État déjà actif sur les marchés internationaux
Le Bénin mobilise régulièrement des capitaux sur le marché régional de l’UEMOA et sur les marchés internationaux pour financer ses besoins budgétaires et ses investissements structurants. Ces dernières années, le pays a multiplié les opérations d’envergure.
Après une première émission en dollars de 750 millions USD en 2024, l’État béninois a levé 1 milliard USD en 2025, combinant un eurobond et un prêt bancaire. Ces interventions successives visent à allonger la maturité moyenne de la dette et à en optimiser le coût global, dans un contexte international marqué par une volatilité accrue des taux.
Attirer de nouveaux investisseurs et financer le développement
L’intégration d’une composante islamique dans cette nouvelle émission répond à un double objectif : élargir la base d’investisseurs et sécuriser le financement des projets de développement inscrits au programme de l’État.
En se positionnant sur le marché des sukuk, le Bénin cherche à capter des flux issus du Moyen-Orient et d’Asie, tout en consolidant sa crédibilité sur les marchés internationaux. Une stratégie qui confirme l’évolution progressive de la gestion de la dette béninoise vers des instruments plus sophistiqués et mieux adaptés aux attentes des investisseurs globaux.








Commentaires 2