L’agence S&P Global Ratings a confirmé, le 27 mars 2026, la notation souveraine du Ghana à « B-/B » avec perspective stable. Cette décision reflète un redressement macroéconomique notable, tout en mettant en lumière des fragilités structurelles persistantes.
Une sortie progressive de la crise de 2022
Après son défaut de paiement en décembre 2022, le Ghana s’approche de la finalisation de son processus de restructuration de la dette. Près de 97 % des engagements concernés ont été réorganisés ou font l’objet d’accords, notamment 13,1 milliards de dollars d’euro-obligations restructurées en 2024.
Les indicateurs macroéconomiques témoignent d’un rebond significatif. La croissance a atteint 6 % en 2025, tandis que l’inflation est tombée à 3,8 % en février 2026, son plus bas niveau historique après une période de forte surchauffe. Les réserves de change culminent à 11,9 milliards de dollars, et le compte courant affiche un excédent de 8,1 % du PIB.
L’or, pilier du redressement économique
Le dynamisme de l’économie ghanéenne repose largement sur le secteur aurifère. Premier producteur d’or en Afrique, le pays tire plus de 66 % de ses exportations de ce métal précieux.
La création du Ghana Gold Board (GoldBod) a permis de formaliser une partie du secteur artisanal, entraînant un doublement des exportations entre 2023 et 2025. Toutefois, cette dépendance accrue expose le pays à une forte volatilité des prix internationaux et à une concentration des débouchés, notamment vers les Émirats arabes unis.
Une discipline budgétaire encore fragile
Les autorités ont engagé des efforts pour restaurer l’équilibre des finances publiques. Le déficit budgétaire devrait se stabiliser autour de 2,7 % du PIB sur la période 2026-2029, contre plus de 10 % au début de la décennie.
Le poids du service de la dette, bien qu’en baisse, reste élevé, représentant environ 20 % des recettes publiques. Cette amélioration s’explique notamment par la baisse des taux d’intérêt domestiques, après des niveaux proches de 30 % en 2024.
Le programme de soutien du Fonds monétaire international, d’un montant de 3 milliards de dollars, a contribué à stabiliser l’économie. Toutefois, son échéance prévue en mai 2026 pose la question de la pérennité de cette discipline budgétaire, notamment dans un contexte électoral à venir.
Des vulnérabilités structurelles persistantes
Malgré ces avancées, plusieurs facteurs continuent de limiter l’amélioration de la notation souveraine. Le secteur bancaire demeure fragilisé, avec un taux de créances douteuses proche de 19 % et plusieurs banques sous-capitalisées.
Les entreprises publiques présentent également des passifs importants, en particulier dans les secteurs de l’énergie et du cacao, ce qui constitue un risque pour les finances publiques.
Par ailleurs, le contexte international reste incertain. La hausse des prix du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient pourrait peser sur l’inflation et les équilibres macroéconomiques, le Ghana restant importateur net de produits pétroliers.
Une trajectoire sous conditions
Selon S&P Global Ratings, l’évolution de la note dépendra de la capacité du Ghana à maintenir ses réformes budgétaires, à réduire le coût du service de la dette et à renforcer ses réserves de change.
À l’inverse, une détérioration des équilibres extérieurs, un ralentissement des réformes ou une chute des cours de l’or pourraient entraîner une nouvelle dégradation.
Après un redressement significatif depuis la crise de 2022, le Ghana se trouve désormais à un tournant. La consolidation des acquis et la gestion des risques externes seront déterminantes pour inscrire durablement l’économie sur une trajectoire stable.







