Dix Afro-descendants deviennent officiellement Béninois
Un moment chargé d’émotion s’est déroulé à Cotonou le samedi 29 août 2026. Dix Afro-descendants ont officiellement reçu leurs attestations de nationalité béninoise lors d’une cérémonie organisée dans les locaux du Complexe judiciaire de Cotonou.
La cérémonie s’est tenue en présence du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, Yvon Détchénou, ainsi que du Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Franck Armel Afoukou.
L’événement marque une étape importante pour ces bénéficiaires, dont les familles sont historiquement liées à l’Afrique et à l’histoire de la traite négrière transatlantique.
Un acte juridique chargé de symboles
Organisée par l’Autorité de délivrance des actes relatifs à la nationalité, structure placée sous la tutelle du ministère de la Justice et de la Législation, la cérémonie a donné une dimension particulière à l’acquisition de la nationalité béninoise.
Pour les bénéficiaires, l’attestation ne représente pas uniquement une reconnaissance juridique. Elle constitue également un lien avec la terre de leurs ancêtres, plusieurs générations après leur départ forcé d’Afrique.
La démarche est ainsi présentée comme un pont entre le passé et le présent, permettant aux Afro-descendants concernés de renouer avec leurs origines, leur mémoire et leur identité.
« Je suis vraiment fier d’être béninois »
Parmi les bénéficiaires, Lavaury Gutemberg Théodore, d’origine antillaise de Guadeloupe et vivant en France, n’a pas caché son émotion.
« Je suis vraiment fier d’être béninois », a-t-il déclaré, en remerciant la population et le gouvernement béninois pour cette démarche.
Pour lui, l’obtention de la nationalité représente avant tout un retour aux origines. Il estime que cette démarche devrait constituer un devoir pour les Afro-descendants désireux de renouer avec leur terre ancestrale.
Vivant à l’étranger depuis plus de 40 ans, il a également insisté sur la portée historique de cette reconnaissance.
Il a remercié, au nom des bénéficiaires, le gouvernement béninois et le président Patrice Talon pour avoir rendu possible cette démarche, estimant que derrière cette nationalité se trouve « toute une histoire ».
Une « grande victoire » pour Francelise Kiavué
Autre bénéficiaire, Francelise Kiavué, originaire elle aussi de Guadeloupe, a vécu cette cérémonie avec une forte émotion.
Elle a expliqué avoir grandi avec le récit de l’histoire de ses ancêtres et de leurs liens avec l’Afrique.
Pour elle, l’obtention de la nationalité béninoise représente une forme de réparation symbolique et une victoire pour les descendants de ceux qui avaient été arrachés à leur terre.
Elle a notamment exprimé sa gratitude envers les autorités béninoises pour avoir créé cette possibilité de retour aux sources.
Un pont entre l’Afrique et sa diaspora
Au-delà de la cérémonie, l’attribution de ces attestations s’inscrit dans une démarche plus large autour des questions d’identité, de mémoire et de retour aux origines.
La nationalité béninoise offre aux bénéficiaires un nouveau lien juridique avec le pays de leurs ancêtres et renforce potentiellement les relations entre le Bénin et les communautés afro-descendantes à travers le monde.
Cette démarche intervient également dans une volonté de permettre aux descendants de la diaspora africaine de mieux renouer avec leur histoire et de contribuer à la construction de nouveaux liens avec le continent.
Le Bénin mise sur la mémoire et l’identité
La cérémonie de Cotonou porte ainsi une forte dimension historique et symbolique.
Pour les dix nouveaux citoyens concernés, il ne s’agit pas seulement d’obtenir un document administratif. C’est aussi une manière de réinscrire leur histoire familiale dans celle du continent africain.
À travers cette initiative, le Bénin affirme sa volonté d’accueillir celles et ceux qui souhaitent renouer avec leurs origines, sans effacer les blessures du passé.
La remise des attestations apparaît finalement comme un appel à une identité assumée, à une mémoire consciente et à la construction de liens durables entre le Bénin et sa diaspora.
Pour ces Afro-descendants, le retour aux origines devient ainsi une nouvelle étape d’une histoire commencée plusieurs générations auparavant.







