BCEAO : croissance de 6,7 % et accélération des paiements instantanés en 2025
La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a présenté, le 22 juillet 2026 à Dakar, son Rapport annuel au titre de l’exercice 2025. Présidée par le Gouverneur Jean-Claude Kassi Brou, la cérémonie a permis de dresser un bilan de la conjoncture économique et financière de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), mais également de mettre en lumière les principales orientations de la politique monétaire, les avancées en matière de stabilité financière et l’accélération de l’innovation dans les paiements.
Réunissant des représentants des médias des huit États membres de l’UMOA, la rencontre a été l’occasion pour la Banque centrale de revenir sur les résultats enregistrés en 2025 et sur les principaux chantiers qui façonneront l’évolution du système financier régional.
Une croissance économique portée à 6,7 % en 2025
Dans son allocution introductive, le Gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, a rappelé le rôle central du Rapport annuel, considéré comme un document de référence sur l’évolution de l’environnement économique et financier de l’Union.
Le rapport revient notamment sur les décisions prises par les organes de la Banque centrale et sur les principales réalisations enregistrées au cours de l’exercice 2025.
Malgré un environnement international marqué par la persistance des tensions géopolitiques et commerciales, l’économie de l’Union a affiché une croissance de 6,7 % en 2025, contre 6,2 % en 2024.
Cette progression s’est accompagnée d’une nette amélioration de la dynamique des prix. L’inflation moyenne annuelle est ainsi revenue à 0,0 %, traduisant une évolution particulièrement favorable de la stabilité des prix au sein de l’espace communautaire.
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L’assouplissement monétaire au cœur de la dynamique économique
La présentation consacrée à la politique monétaire a été assurée par Blehoue Toussaint Damoh, Directeur Général de l’Économie et de la Monnaie.
Après avoir analysé les principales évolutions de l’environnement économique international et régional, il a présenté les décisions prises par le Comité de Politique Monétaire au cours de l’année 2025.
Dans ce contexte, la baisse des taux directeurs décidée en juin 2025 a constitué l’une des principales mesures de politique monétaire de l’exercice. Selon la BCEAO, cet assouplissement a contribué à améliorer les conditions monétaires et financières dans l’Union, avec pour objectif de faciliter davantage le financement des économies de la région.
L’enjeu demeure notamment de maintenir un équilibre entre le soutien à l’activité économique, la maîtrise de l’inflation et la préservation de la stabilité monétaire.
La stabilité financière renforcée face aux risques
La deuxième présentation, consacrée à la stabilité financière, au financement de l’économie et à l’inclusion financière, a été animée par Mahamane Alassane Touré, Directeur Général du Financement de l’Économie, de la Stabilité et de l’Inclusion Financières.
La BCEAO a mis en avant les différentes initiatives engagées pour renforcer la résilience du système financier de l’UMOA. Parmi celles-ci figurent le renforcement du cadre réglementaire ainsi que les travaux conduits dans le cadre du Comité de Stabilité Financière de l’UMOA.
Les exercices de simulation de crises bancaires constituent également un volet important du dispositif régional. Ils visent à mieux évaluer la capacité du système financier à faire face à d’éventuels chocs et à renforcer les mécanismes de prévention et de gestion des risques.
Sur le front du financement de l’économie, la Banque centrale a également relevé une progression des crédits accordés au secteur privé et aux ménages, confirmant le rôle du système bancaire dans le soutien à l’activité économique régionale.
L’inclusion financière au cœur des priorités régionales
La BCEAO a par ailleurs insisté sur les avancées enregistrées dans la mise en œuvre de la Stratégie Régionale d’Inclusion Financière 2025-2030.
Cette stratégie s’inscrit dans une volonté d’élargir l’accès des populations aux services financiers et de favoriser une meilleure utilisation des produits et services disponibles.
Le Programme régional d’éducation financière constitue également un levier important de cette politique. Il vise à renforcer les connaissances financières des populations afin de leur permettre de mieux comprendre et utiliser les services financiers, dans un contexte marqué par la transformation rapide des usages et des technologies.
L’objectif est ainsi de favoriser une inclusion financière plus large, mais également plus responsable et durable dans l’ensemble des pays de l’UMOA.
La révolution des paiements instantanés s’accélère
L’innovation financière a constitué le troisième grand axe de la présentation du Rapport annuel 2025.
Djibril Diaw, Directeur Général des Opérations et de l’Innovation Financière, a notamment présenté les progrès réalisés dans le déploiement de la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI).
Au 20 juillet 2026, la plateforme comptait 80 participants et plus de 30 millions d’utilisateurs connectés. Ces chiffres témoignent de la montée en puissance des infrastructures de paiement instantané et de l’accélération de la transformation numérique des services financiers dans l’espace communautaire.
Le développement de cette infrastructure constitue un enjeu stratégique pour l’intégration financière régionale. L’interopérabilité des systèmes de paiement doit notamment permettre de faciliter les transactions entre les différents acteurs et de renforcer l’accès aux services financiers numériques.
La BCEAO explore les perspectives de la monnaie numérique
La Banque centrale a également fait état des réflexions engagées autour de la Monnaie Numérique de Banque Centrale (MNBC).
Cette réflexion intervient alors que les innovations technologiques transforment en profondeur le secteur financier et les moyens de paiement. Pour la BCEAO, l’enjeu consiste à anticiper ces évolutions tout en veillant à préserver la stabilité monétaire et financière de l’Union.
La Banque centrale travaille également sur l’encadrement des crypto-actifs et des services de paiement. Ces initiatives visent à accompagner l’innovation tout en renforçant la sécurité et la confiance dans l’écosystème financier régional.
Quel cap pour la BCEAO après 2025 ?
La présentation du Rapport annuel 2025 met en évidence plusieurs priorités pour la Banque centrale : préserver la stabilité monétaire, renforcer la résilience du système financier, améliorer le financement de l’économie et accélérer la modernisation des infrastructures de paiement.
L’essor du PI-SPI, les réflexions sur la monnaie numérique de banque centrale et les travaux sur l’encadrement des crypto-actifs illustrent notamment la volonté de la BCEAO d’accompagner les mutations du secteur financier.
La cérémonie s’est conclue par une séance d’échanges entre le Gouverneur Jean-Claude Kassi Brou et les représentants des médias des huit pays de l’Union. Les discussions ont porté sur les principaux enseignements du Rapport annuel 2025, les perspectives économiques de l’UMOA et les priorités de la Banque centrale.
À travers ses réponses, le Gouverneur a apporté des éclairages sur les actions engagées pour consolider la stabilité monétaire et financière, soutenir le financement des économies et accompagner la transformation numérique du système financier régional.
Au-delà des performances économiques enregistrées en 2025, le rapport met ainsi en évidence une transformation plus structurelle de l’espace financier ouest-africain. Entre assouplissement des conditions monétaires, renforcement de la stabilité financière, approfondissement de l’inclusion financière et essor des paiements instantanés, la BCEAO entend inscrire son action dans un environnement régional en pleine mutation.







