La société canadienne Barrick Gold, acteur majeur du secteur minier au Mali, a décidé de porter son conflit avec le gouvernement malien devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Cette démarche intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la mine d’or de Loulo-Gounkoto, le plus grand complexe aurifère du pays.
Le différend oppose Barrick Gold et le gouvernement malien sur plusieurs centaines de millions de dollars de taxes et de bénéfices revendiqués par Bamako. Barrick accuse les autorités maliennes de tenter d’appliquer rétroactivement un nouveau code minier à ses opérations, ce qui, selon l’entreprise, est contraire aux accords en vigueur.
Dans un communiqué publié cette semaine, le PDG de Barrick Gold, Mark Bristow, a déclaré que les négociations sont « au point mort » et que la confiance entre les deux parties s’est fortement érodée.
Le litige s’est intensifié ces derniers mois. Barrick a confirmé l’arrestation de quatre employés maliens en novembre, faisant suite à la détention de membres de la direction en septembre. De plus, un mandat d’arrêt a été émis contre Mark Bristow, et les exportations d’or de Loulo-Gounkoto sont actuellement bloquées.
Ces actions ont contraint Barrick à saisir le CIRDI, espérant une résolution transparente et équitable, bien que la procédure d’arbitrage puisse prendre plusieurs années avant d’aboutir.
Barrick Gold rappelle son rôle crucial dans l’économie malienne. L’entreprise emploie 8 000 personnes, dont 97 % sont des citoyens maliens, et contribue chaque année à hauteur de 5 à 10 % du PIB du pays. Malgré ces contributions significatives, la société a déclaré dans un communiqué que le climat actuel rendait les opérations de plus en plus difficiles.
Face à cette impasse, Barrick n’écarte pas la possibilité de suspendre ses activités au Mali si le blocage persiste. Cependant, l’entreprise affirme rester ouverte à une discussion constructive pour trouver une issue au conflit.
Ce différend s’ajoute à une série de litiges similaires impliquant des entreprises étrangères dans le secteur minier en Afrique de l’Ouest, reflétant les tensions croissantes entre les gouvernements et les investisseurs dans cette région stratégique.







