Le Groupe de la Banque africaine de développement a publié l’édition 2026 de sa Revue annuelle sur l’efficacité du développement (RAED), un rapport qui met en lumière les résultats obtenus par l’institution en 2025 dans plusieurs secteurs clés du développement africain.
Publié à l’occasion des Assemblées annuelles 2026 de la Banque à Brazzaville, au Congo, le document présente les performances enregistrées dans les domaines de l’énergie, des infrastructures, de l’agriculture, de l’accès à l’eau et de la mobilisation des financements, dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques, la baisse de l’aide internationale et les défis climatiques.
Une nouvelle vision stratégique pour l’Afrique
Intitulée « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique », la RAED 2026 met l’accent sur la nécessité pour les pays africains de renforcer leur résilience économique et leur souveraineté financière.
Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, estime que l’Afrique doit désormais adapter son modèle de développement face aux mutations de l’économie mondiale.
« Il ne s’agit plus d’un cycle passager de perturbations ; cela signale plutôt un changement structurel du paysage mondial », a-t-il déclaré.
La Banque entend ainsi accélérer les investissements capables de soutenir la transformation structurelle du continent, tout en renforçant la mobilisation des capitaux publics et privés.
Des résultats importants dans les secteurs sociaux
Selon le rapport, les projets financés par la Banque ont permis en 2025 :
- à près de 1,5 million de personnes d’accéder à de meilleurs soins de santé ;
- à plus de 5,4 millions de personnes d’obtenir un accès à l’eau potable ;
- à environ 1,8 million de personnes de bénéficier de services d’assainissement améliorés.
Ces investissements visent à améliorer durablement les conditions de vie des populations africaines et à renforcer les services sociaux de base.
Plus de 2 000 kilomètres de routes réhabilités
Dans le domaine des infrastructures, la Banque africaine de développement indique avoir financé la construction ou la réhabilitation de près de 2 000 kilomètres de routes en 2025.
Ces projets ont permis d’améliorer l’accès aux transports pour plus de huit millions de personnes sur le continent.
Le secteur énergétique figure également parmi les priorités de l’institution. Plus de 1,5 million de personnes ont obtenu un accès à l’électricité grâce aux projets soutenus par la Banque, tandis que la capacité installée d’énergie renouvelable a atteint 858 MW.
Agriculture : près de 7 millions d’agriculteurs accompagnés
Le rapport met aussi en avant les performances enregistrées dans l’agriculture et les systèmes alimentaires.
Au total :
- 6,9 millions d’agriculteurs ont adopté des technologies et intrants améliorés et résilients au climat ;
- 18,4 millions de personnes ont vu leur sécurité alimentaire renforcée ;
- près de 5 000 entreprises agro-industrielles ont bénéficié d’un appui.
La Banque considère l’agriculture comme un levier majeur de création d’emplois et de transformation économique du continent.
Une forte mobilisation de financements
En 2025, les approbations de nouvelles opérations du Groupe de la Banque africaine de développement ont atteint 10,9 milliards de dollars, un niveau proche du record historique de 11,5 milliards enregistré en 2024.
L’institution a également mobilisé 4,3 milliards de dollars supplémentaires auprès de partenaires au développement, d’investisseurs institutionnels et de prêteurs commerciaux.
Pour la Banque, cette dynamique illustre le rôle croissant qu’elle joue dans la mobilisation des financements nécessaires au développement de l’Afrique.
Les « Quatre Points cardinaux » de Sidi Ould Tah
La stratégie du président Sidi Ould Tah repose sur les « Quatre Points cardinaux », qui visent notamment à :
- renforcer la souveraineté financière du continent ;
- mobiliser davantage de capitaux africains ;
- développer des infrastructures résilientes ;
- créer des chaînes de valeur compétitives.
Le président de la Banque estime que l’efficacité de l’institution devra désormais être évaluée non seulement sur le volume des financements engagés, mais également sur l’impact concret des projets réalisés.
À travers cette RAED 2026, la Banque africaine de développement réaffirme ainsi sa volonté d’accompagner la transformation économique de l’Afrique dans un environnement international de plus en plus complexe.







