BAD : l’adhésion à l’Union de Berne ouvre de nouvelles perspectives pour le financement du développement en Afrique
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) franchit une étape stratégique dans sa quête de financements innovants pour le continent. L’institution panafricaine est devenue le premier organisme multilatéral de développement à obtenir le statut de membre à part entière de l’Union de Berne, la principale association mondiale dédiée au crédit à l’exportation et à l’assurance-investissement.
Cette avancée a été officialisée lors de la réunion de printemps 2026 de l’organisation, tenue du 11 au 14 mai à Astana, au Kazakhstan, à l’initiative de Kazakh Export. L’événement a réuni plus de 240 représentants issus de plus de 70 pays, parmi lesquels des agences de crédit à l’exportation, des institutions financières internationales et des compagnies d’assurance de premier plan.
Une plateforme stratégique pour attirer davantage d’investissements
Créée en 1934, l’Union de Berne joue un rôle central dans la facilitation du commerce international et du financement des investissements. En rejoignant cette organisation, la Banque africaine de développement renforce sa capacité à collaborer avec les principaux acteurs mondiaux du partage des risques et du financement de projets.
La délégation de la BAD était conduite par Nana Spio-Garbrah, responsable de la Division du financement structuré et des solutions clients, accompagné de Caleb N’Doua, analyste financier. Les représentants de la Banque ont notamment participé aux travaux du Comité à moyen et long terme de l’Union de Berne.
Une coopération renforcée entre banques de développement et agences de crédit à l’exportation
L’un des temps forts de la rencontre a été consacré aux synergies entre les banques multilatérales de développement (BMD) et les agences de crédit à l’exportation (ACE).
Lors d’une session coanimée par Nana Spio-Garbrah et Isabel Galdiz de l’US EXIM Bank, les participants ont exploré les mécanismes permettant de mobiliser davantage de capitaux privés au service du développement.
Les échanges ont mis en évidence plusieurs priorités :
- le partage systématique des projets entre institutions ;
- le renforcement des outils de coopération entre BMD et ACE ;
- une meilleure reconnaissance du statut de créancier privilégié des banques multilatérales de développement ;
- l’amélioration des mécanismes de gestion et de partage des risques.
L’Afrique au cœur des enjeux mondiaux
Placée sous le thème « Crossroads » (Carrefours), l’édition 2026 a souligné le rôle croissant de l’Afrique dans les nouvelles dynamiques économiques mondiales.
Le continent dispose d’atouts majeurs, notamment ses réserves de minerais critiques indispensables à la transition énergétique, ses marchés en pleine expansion, ses infrastructures logistiques émergentes et une population jeune et dynamique.
Malgré ces avantages, l’Afrique demeure confrontée à un déficit chronique de financement et à une perception du risque souvent supérieure à la réalité. Les données de l’initiative Global Emerging Markets Risk Database (GEMs) montrent pourtant que les pays africains affichent parmi les meilleurs taux de recouvrement de dette souveraine au monde.
Plus de 20 milliards de dollars de projets à financer
La Banque africaine de développement entend s’appuyer sur son adhésion à l’Union de Berne pour accélérer la mise en œuvre de ses ambitions de développement.
Avec plus de 20 milliards de dollars de projets prévus d’ici 2026 dans les secteurs de l’énergie, des transports, de l’agriculture, des infrastructures numériques et du développement du secteur financier, les besoins de financement restent considérables.
Grâce à cette nouvelle position au sein de l’Union de Berne, la BAD bénéficie désormais d’un accès privilégié à un vaste réseau d’institutions financières et d’assureurs internationaux. Une opportunité qui pourrait contribuer à attirer davantage de capitaux privés vers l’Afrique et soutenir la transformation économique du continent.
Au-delà d’une simple reconnaissance institutionnelle, cette adhésion constitue ainsi un outil stratégique destiné à renforcer la mobilisation des ressources nécessaires au financement durable du développement africain.







