La Banque africaine de développement et l’Allemagne accélèrent leur coopération ferroviaire en Afrique
La Banque africaine de développement (BAD) renforce son partenariat stratégique avec l’Allemagne pour soutenir la modernisation des infrastructures ferroviaires sur le continent africain. L’institution panafricaine et DB Engineering & Consulting (DB E&C), filiale de conseil et d’ingénierie de Deutsche Bahn, ont signé une lettre d’intention visant à lancer une étude de faisabilité pour la création d’un Centre de compétences ferroviaires en Afrique.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté de promouvoir des systèmes de transport modernes, durables et intégrés à l’échelle continentale.
Un centre de compétences pour former les talents du rail africain
Conduite par Mike Salawou, directeur du Département des infrastructures et du développement urbain de la BAD, une délégation de la Banque a effectué une mission en Allemagne fin 2025 afin de consolider les relations avec plusieurs institutions allemandes spécialisées dans les transports et la connectivité numérique.
Les échanges avec DB Engineering & Consulting ont porté sur le développement des compétences locales dans les métiers ferroviaires, notamment via des formations en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM).
Le futur Centre de compétences ferroviaires en Afrique devrait servir de plateforme continentale dédiée :
- au développement des compétences techniques ;
- à l’innovation dans les systèmes ferroviaires ;
- au partage de connaissances et de bonnes pratiques.
Plusieurs modèles institutionnels sont actuellement à l’étude, notamment des approches centralisées, décentralisées ou coopératives.
La BAD veut accélérer la modernisation du rail en Afrique
Selon Mike Salawou, ce partenariat constitue une avancée majeure pour le secteur ferroviaire africain.
« Ce partenariat représente une étape importante pour le secteur ferroviaire africain. En tirant parti de l’expertise de Deutsche Bahn, nous jetons les bases d’un centre qui renforcera les capacités locales et soutiendra des systèmes ferroviaires durables », a-t-il déclaré.
La BAD considère le développement du rail comme un levier stratégique pour :
- renforcer l’intégration régionale ;
- réduire les coûts logistiques ;
- améliorer la mobilité urbaine et interurbaine ;
- soutenir la transition écologique.
L’exemple allemand comme modèle de mobilité intégrée
Au cours de cette mission, la délégation de la BAD a également visité l’Académie ferroviaire de Deutsche Bahn à Potsdam, un centre de référence mondial qui accueille chaque année environ 250 000 participants sur près de 2 500 programmes de formation.
La Banque s’est inspirée du modèle allemand de transport multimodal combinant :
- trains ;
- tramways ;
- bus ;
- pistes cyclables.
Ce système intégré favorise des villes plus compactes, moins dépendantes de l’automobile et mieux adaptées aux enjeux climatiques.
Selon Mike Salawou, les villes africaines peuvent tirer profit de cette expérience pour développer des réseaux ferroviaires intégrés et promouvoir un urbanisme orienté vers les transports publics.
Des projets d’infrastructures stratégiques au cœur des discussions
En marge de cet accord, la délégation de la BAD a rencontré plusieurs institutions allemandes, dont :
- le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) ;
- le ministère fédéral des Transports (BMV) ;
- le ministère fédéral de l’Économie et de l’Énergie (BMWE) ;
- KfW IPEX-Bank.
Les discussions ont porté sur plusieurs projets structurants en Afrique, notamment :
- le corridor de Lobito ;
- l’autoroute Abidjan-Lagos ;
- la ligne ferroviaire à écartement standard Ouganda-Kenya ;
- l’aéroport international de Bishoftu en Éthiopie.
Ces échanges visent également à renforcer les capacités des PME africaines impliquées dans les projets d’infrastructures et à soutenir les chaînes de valeur liées aux minéraux critiques et aux véhicules électriques.
Une coopération alignée sur la transition durable
Pour DB Engineering & Consulting, le développement des infrastructures ferroviaires passe par un investissement durable dans le capital humain.
Stefan Geisperger, directeur des opérations internationales de DB E&C, a souligné que la coopération avec la BAD permettra de mettre en place des programmes de formation de long terme afin de doter les professionnels africains des compétences nécessaires à la conception, l’exploitation et la maintenance des infrastructures modernes.
Cette initiative s’aligne aussi sur l’ambition de la BAD de promouvoir un réseau ferroviaire entièrement électrifié en Afrique, contribuant ainsi à la mobilité durable et à la résilience climatique du continent.







