Cameroun : la BAD mobilise 26,2 milliards de FCFA pour financer le commerce via AFG Bank
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 21 octobre 2026, une facilité de financement du commerce de 40 millions d’euros, soit environ 26,2 milliards de FCFA, en faveur d’AFG Bank Cameroun. Combinant une ligne de crédit et un mécanisme de garantie des transactions, ce dispositif vise à faciliter l’accès des entreprises au financement du commerce extérieur, avec une attention particulière portée aux petites et moyennes entreprises (PME), aux femmes entrepreneures et aux jeunes.
Le financement du commerce extérieur au Cameroun bénéficie d’un nouvel appui institutionnel. Le conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé une facilité de 40 millions d’euros destinée à renforcer la capacité d’intervention d’AFG Bank Cameroun auprès des entreprises locales.
L’objectif est de faciliter le financement des opérations internationales, de sécuriser les paiements entre partenaires commerciaux et de soutenir l’activité des entreprises qui dépendent des importations d’équipements, de matières premières et d’intrants.
Pour les PME, qui rencontrent souvent davantage de difficultés à accéder aux financements bancaires et aux garanties internationales, ce dispositif pourrait contribuer à lever certains obstacles au développement de leurs activités.
Deux instruments pour soutenir le commerce extérieur
La facilité approuvée par la BAD repose sur deux instruments complémentaires, pour un montant total de 40 millions d’euros.
La première composante consiste en une ligne de crédit destinée à soutenir les opérations de financement du commerce d’AFG Bank Cameroun. Elle doit permettre à la banque de répondre aux besoins de financement des entreprises engagées dans des échanges commerciaux, notamment à l’international.
La seconde composante prend la forme d’une ligne de garantie des transactions de 10 millions d’euros. Grâce à ce mécanisme, la BAD pourra garantir jusqu’à 100 % des engagements éligibles envers les banques confirmatrices pour les lettres de crédit et les instruments similaires émis par AFG Bank Cameroun.
Cette garantie vise à réduire le risque supporté par les banques correspondantes qui participent aux opérations internationales. Elle peut ainsi faciliter la confirmation des lettres de crédit et fluidifier les paiements entre importateurs et fournisseurs étrangers.
Il s’agit d’un levier important pour les entreprises dont les transactions dépendent de la confiance entre établissements bancaires situés dans différents pays.
Les PME au cœur du dispositif de financement
Les petites et moyennes entreprises figurent parmi les principales bénéficiaires visées par cette facilité. Souvent confrontées à des contraintes de trésorerie et à des exigences élevées en matière de garanties, elles peuvent rencontrer des difficultés pour financer leurs importations ou honorer leurs engagements commerciaux internationaux.
Le dispositif de la BAD doit permettre à AFG Bank Cameroun d’élargir sa capacité à accompagner ces entreprises.
Une attention particulière sera également accordée aux structures détenues par des femmes et des jeunes. Selon Eric Valery Zoa, directeur général d’AFG Bank Cameroun, la moitié de la ligne de crédit destinée au financement du commerce sera allouée aux PME, dont 30 % pour soutenir l’entrepreneuriat féminin et/ou jeune.
Cette orientation vise à favoriser un accès plus large aux ressources financières pour des catégories d’entrepreneurs susceptibles de rencontrer des obstacles spécifiques dans leur recherche de financement.
L’efficacité du dispositif dépendra toutefois des conditions d’accès au crédit, des critères d’éligibilité retenus et de la capacité des entreprises à présenter des projets économiquement viables.
Agro-industrie, industrie manufacturière et import-export ciblés
La facilité doit notamment soutenir les entreprises actives dans l’agro-business, l’agro-industrie, l’industrie manufacturière et l’import-export.
Dans ces secteurs, l’accès aux financements du commerce extérieur peut jouer un rôle déterminant. Les entreprises ont besoin d’importer des machines, des équipements, des pièces de rechange et des intrants indispensables à la production.
La possibilité de sécuriser les paiements internationaux peut également renforcer les relations avec les fournisseurs étrangers, qui exigent parfois des garanties bancaires avant d’expédier leurs marchandises.
En améliorant l’accès à ces instruments, le partenariat entre la BAD et AFG Bank Cameroun vise à soutenir la continuité des approvisionnements et le développement des capacités productives locales.
À terme, l’ambition est de favoriser la transformation des matières premières, d’améliorer la compétitivité des entreprises camerounaises et de renforcer leur potentiel d’exportation.
Réduire les contraintes qui pèsent sur les échanges internationaux
Les opérations de commerce extérieur nécessitent des ressources financières et des mécanismes de sécurisation adaptés aux risques transfrontaliers. Pour les entreprises, les délais de paiement, les exigences documentaires et les difficultés à obtenir des garanties bancaires peuvent ralentir les transactions.
La ligne de garantie de la BAD doit contribuer à atténuer une partie de ces contraintes en renforçant la confiance des banques confirmatrices dans les engagements émis par AFG Bank Cameroun.
Le mécanisme pourrait ainsi faciliter les opérations d’importation et d’exportation, sous réserve de l’éligibilité des transactions et de l’acceptation des instruments par les établissements partenaires.
Pour l’économie camerounaise, l’enjeu dépasse le financement ponctuel des échanges. Un meilleur accès aux instruments de commerce extérieur peut aider les entreprises à maintenir leur production, à diversifier leurs fournisseurs et à développer de nouveaux débouchés commerciaux.
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La BAD veut renforcer le secteur privé camerounais
Pour Léandre Bassolé, directeur général de la BAD pour l’Afrique centrale et responsable pays pour le Cameroun, ce financement doit contribuer à renforcer le secteur privé, à stimuler la production locale et à soutenir la création d’emplois.
Le partenariat avec AFG Bank Cameroun s’inscrit ainsi dans une approche visant à mobiliser les établissements financiers locaux pour élargir l’accès des entreprises aux ressources nécessaires à leur développement.
L’appui aux PME, notamment celles dirigées par des femmes et des jeunes, constitue une dimension importante de cette stratégie.
Les effets économiques du dispositif dépendront cependant de sa mise en œuvre : les financements devront effectivement atteindre les entreprises ciblées et contribuer à des activités productives capables de générer des revenus et de soutenir l’emploi.
AFG Bank Cameroun s’appuie sur une activité bancaire en croissance
Cette opération intervient alors qu’AFG Bank Cameroun, anciennement Banque Atlantique Cameroun, affiche des volumes importants de dépôts et de crédits.
À la fin de l’année 2025, la banque déclarait 1 196,4 milliards de FCFA de dépôts et 812 milliards de FCFA de crédits accordés.
Ces chiffres donnent une indication de la taille de son activité bancaire et de sa capacité à intervenir auprès des entreprises. La nouvelle facilité de la BAD doit compléter ses ressources et ses instruments de financement du commerce.
Il convient toutefois de distinguer les montants de dépôts et de crédits de la banque de la facilité approuvée : les 40 millions d’euros constituent un dispositif spécifique destiné au financement du commerce extérieur et à la garantie de transactions éligibles.
Un levier supplémentaire pour la production et l’emploi
L’approbation de cette facilité de 26,2 milliards de FCFA marque une nouvelle étape dans le soutien au financement du commerce au Cameroun. En combinant crédit et garantie, la BAD entend renforcer la capacité d’AFG Bank Cameroun à accompagner les entreprises dans leurs opérations internationales.
Pour les PME, l’enjeu sera de transformer cet accès au financement en investissements productifs, en activité commerciale supplémentaire et en emplois durables.
Le principal défi consistera désormais à assurer une distribution effective des ressources aux entreprises ciblées et à mesurer les retombées du dispositif sur la production locale, les échanges commerciaux et la compétitivité de l’économie camerounaise.







