AyaHQ, une startup panafricaine spécialisée dans le développement de talents Web3, prépare une levée de fonds de 10 millions de dollars pour accélérer son expansion. Ce financement sera réparti entre un microfonds de 5 millions de dollars destiné aux startups incubées et la création d’une zone économique spéciale à Accra, qui servira de campus fondateur et de résidence.
Fondée en 2020 par Eric Annan, Pishikeni Tukura et Dennis Ukonu, AyaHQ mise sur la blockchain pour transformer l’Afrique en un hub technologique. Après une première expérience avec Ayagigs, plateforme de freelancing inspirée de Fiverr et Upwork, la startup a réorienté son modèle vers l’incubation et la formation. Aujourd’hui, elle accompagne déjà plus de 50 startups au Ghana et au Kenya grâce à des programmes de formation, des hackathons et des résidences.
Le modèle d’AyaHQ repose sur des prises de participation : l’entreprise détient 2 % de chaque startup incubée, dont 1 % directement et 1 % mutualisé entre tous les fondateurs de son écosystème. Cette approche communautaire favorise l’entraide entre entrepreneurs, qui partagent mentorat, réseau et talents. Contrairement aux accélérateurs traditionnels, AyaHQ n’impose pas de partage de bénéfices, privilégiant une vision à long terme basée sur la valeur future des startups incubées.
La startup a déjà levé environ 1 million de dollars grâce à des investisseurs comme Flori Ventures, Orange DAO, Techstars Crypto Boston et Coinbase. Son portefeuille compte des startups actives dans les paiements, l’edtech, le gaming et la finance décentralisée.
AyaHQ développe également AyaLabs, une infrastructure pour hackathons Web3 qui a déjà attiré près de 5 000 développeurs et distribué 100 000 dollars de prix. L’entreprise monétise la plateforme en facturant les organisations blockchain qui souhaitent engager des développeurs et tester leurs produits.
En 2024, AyaHQ a généré un chiffre d’affaires de 350 000 dollars. La levée de fonds visée lui permettrait d’accroître ses capacités financières et de renforcer sa présence sur le continent. L’objectif est d’émettre des tickets de 25 000 à 50 000 dollars via le microfonds, tout en développant des campus technologiques en Afrique de l’Ouest et de l’Est.
Malgré la concurrence d’autres acteurs du Web3 comme Web3Bridge au Nigeria, AyaHQ se positionne comme un catalyseur collaboratif plutôt qu’un rival. « L’Afrique compte plus d’un milliard d’habitants. Même si nous développons les talents du continent, nous ne pouvons pas tout faire seuls. C’est pourquoi nous croyons à la collaboration », souligne Eric Annan.
Après des expériences entrepreneuriales mitigées avec le stablecoin NGNX et la plateforme Digital Kudi, Annan se dit convaincu que cette fois, AyaHQ est sur la bonne voie. « La blockchain a plus besoin de l’Afrique que l’Afrique n’a besoin de la blockchain. AyaHQ construit la couche de confiance qui ouvrira la voie à cet avenir », affirme-t-il.










































