Le projet de lithium de Manono en République démocratique du Congo (RDC) est au cœur d’un nouveau conflit juridique. La société australienne AVZ Minerals, détentrice majoritaire du projet via sa filiale Dathcom Mining, dénonce l’accord signé le 18 juillet 2025 entre la RDC et KoBold Metals, une entreprise américaine soutenue par des investisseurs comme Breakthrough Energy Ventures.
Selon AVZ, cet accord, qui vise à développer la partie sud du gisement de lithium et d’étain de Manono, enfreint une décision provisoire rendue par le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Le tribunal avait ordonné à la RDC de reconnaître les droits d’AVZ sur la licence minière contestée et de s’abstenir de toute action compromettant ces droits pendant l’arbitrage en cours.
AVZ a informé le CIRDI que l’initiative conjointe entre Kinshasa et KoBold constitue une violation directe des mesures provisoires. Le gouvernement congolais n’a pas encore réagi publiquement à cette allégation, tout comme KoBold Metals.
Le conflit entre AVZ et la RDC remonte à 2023, lorsque le permis d’exploitation du projet Manono a été révoqué pour cause de retard, puis attribué à une filiale du groupe chinois Zijin Mining. AVZ avait suspendu temporairement sa plainte en mai 2025, à la demande de Washington, avant de relancer la procédure le 18 juin.
KoBold Metals, qui prévoit de développer le gisement en utilisant des technologies d’exploration assistée par IA, avait signé un accord-cadre d’un milliard de dollars pour racheter la participation d’AVZ. Mais ce nouvel épisode juridique pourrait retarder, voire bloquer, la mise en œuvre de cet ambitieux projet.
Malgré ce climat tendu, AVZ se dit toujours ouverte à un dialogue avec les parties concernées, y compris KoBold, afin de trouver une solution équitable qui respecte ses droits légaux et contractuels.
Ce dossier illustre les tensions croissantes autour des ressources stratégiques comme le lithium, crucial pour les batteries électriques, dans un contexte où la souveraineté des États africains et les intérêts d’acteurs mondiaux s’entrechoquent.










































