Assala Gabon – La compagnie pétrolière nationale Assala, passée sous contrôle de l’État en 2024 à la suite de l’exercice du droit de préemption, prévoit de démarrer la production de son champ de N’Gongui en 2026. Ce gisement devrait livrer environ 15 000 barils par jour, soit près de 7 % de la production actuelle du Gabon, estimée à 210 000 barils quotidiens.
Initialement détenue par le fonds américain Carlyle, Assala devait être cédée à la société française Maurel & Prom en 2023. Mais la Gabon Oil Company (GOC), société publique, a exercé son droit de préemption pour racheter Assala. L’opération, finalisée en juin 2025, a coûté 1,3 milliard de dollars, dont 800 millions $ apportés par Gunvor, acteur suisse du négoce de matières premières.
Avec cette prise de contrôle, l’État détient directement 25 % d’Assala, tandis que les 75 % restants appartiennent à la GOC. Le président Brice Oligui Nguema a présenté cette acquisition comme une victoire pour la souveraineté économique du pays.
Selon le directeur général Edgar Mba Ognane, Assala conserve ses fondamentaux malgré le changement d’actionnariat : « L’appartenance à l’État national ne compromet ni notre gouvernance ni nos standards d’exploitation », a-t-il assuré.
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La société mise désormais sur l’autofinancement de ses activités, avec l’objectif de renforcer la discipline financière tout en préparant la mise en production de N’Gongui. Elle détient également trois licences d’exploration onshore et vient d’acquérir la société de forage SMP afin d’accélérer ses découvertes et d’augmenter sa production.
Bien que le pays cherche à diversifier son économie vers l’agro-industrie, le tourisme et la technologie, le pétrole reste incontournable. Il représente encore près d’un tiers du PIB, 40 % des recettes publiques et plus des deux tiers des exportations.
« Pour que le Gabon puisse diversifier son économie, son principal contributeur doit rester solide », rappelle Edgar Mba Ognane. La mise en service de N’Gongui s’inscrit ainsi dans la volonté de l’État de sécuriser des revenus pétroliers stables tout en soutenant la transition vers d’autres secteurs.
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Assala devra continuer à rivaliser avec des majors comme TotalEnergies et Perenco pour de nouvelles licences, mais son statut nationalisé lui garantit, selon ses dirigeants, une oreille attentive de l’État. Avec une production appelée à croître et une stratégie d’investissement renforcée, Assala entend consolider sa position parmi les piliers de l’industrie pétrolière gabonaise.









































