Angola : la raffinerie de Lobito progresse, production attendue fin 2027
Le projet de raffinerie de Lobito, l’un des piliers de la stratégie de transformation pétrolière de l’Angola, affiche un taux d’avancement physique estimé à 23 %. Un démarrage progressif de la production est désormais ciblé pour décembre 2027, selon le compte rendu officiel de la visite du site effectuée le 13 janvier par le président João Lourenço, publié par le ministère des Ressources minérales, du Pétrole et du Gaz.
Lancés officiellement en 2012, les travaux ont connu plus d’une décennie de ralentissements, marquée par des suspensions, des révisions contractuelles et plusieurs phases de relance, sans qu’une mise en exploitation n’ait encore été atteinte.
Une montée en charge progressive des unités industrielles
D’après les autorités angolaises, l’entrée en exploitation de la raffinerie de Lobito se fera par étapes. Les unités dites prioritaires, présentées comme le noyau industriel du projet, devraient être achevées en juillet 2027. Elles seront suivies d’une phase de tests techniques d’environ cinq mois.
À l’issue de cette période, une production initiale est attendue en décembre 2027, avec un profil partiel par rapport à la capacité nominale du site. Cette première phase inclura notamment de l’essence et du naphta — un produit pétrolier intermédiaire représentant environ 23 % des volumes — ainsi que des quantités plus limitées de gasoil.
Un impact significatif sur l’emploi local
Sur le plan social, le projet affiche déjà des retombées notables. Selon les chiffres officiels, la raffinerie de Lobito a généré près de 2 700 emplois à ce stade, dont environ 80 % occupés par de la main-d’œuvre locale. Des projections publiées en 2021 indiquaient que la phase de construction pourrait mobiliser jusqu’à 8 000 emplois, illustrant l’ampleur industrielle du chantier.
Lire aussi : Angola : lancement du projet KUMA pour préparer la raffinerie de Cabinda
Des investissements déjà engagés par Sonangol
Le projet repose sur des engagements financiers conséquents. Sonangol, la compagnie pétrolière nationale angolaise, indique avoir déjà investi plus de 1,4 milliard de dollars sur fonds propres. Environ 330 millions de dollars ont été consacrés à l’acquisition d’équipements à long délai de fabrication, un poste clé pour ce type d’infrastructure lourde.
Ces dépenses correspondent à un avancement financier estimé à près de 20 %, selon les données communiquées lors de la visite présidentielle.
Un besoin de financement encore important
La structuration financière globale reste toutefois un enjeu majeur. En avril 2025, Sonangol évaluait le coût total de la raffinerie de Lobito à 6,6 milliards de dollars. L’entreprise publique indiquait être en discussions avec plusieurs institutions financières internationales afin de couvrir un besoin de financement estimé à 4,8 milliards de dollars.
Parallèlement à ces démarches, le projet a connu une réorganisation contractuelle. En 2021, Sonangol avait lancé un appel d’offres international pour la gestion et l’exécution du chantier, incluant les fonctions d’ingénierie, d’achats et de supervision des travaux.
KBR en charge de la gestion du projet
À l’issue de ce processus, le contrat de gestion de la construction a été attribué en 2024 à la société américaine KBR. Les termes financiers de cet accord n’ont pas été rendus publics, mais cette attribution marque une étape structurante dans la relance opérationnelle du projet.
Avec la raffinerie de Lobito, l’Angola cherche à renforcer ses capacités de raffinage domestique, réduire sa dépendance aux importations de produits pétroliers raffinés et capter davantage de valeur ajoutée localement — un objectif stratégique au cœur de sa politique énergétique.







