La filière anacarde Bénin connaît une transformation majeure grâce aux vastes campagnes de réhabilitation des plantations menées ces dernières années. Soutenu par la Banque mondiale à travers le Projet d’appui à la compétitivité des filières agricoles et à la diversification des exportations (PACOFIDE), le pays a remis à niveau 122 547 hectares d’anciennes plantations et créé 17 818 hectares de nouveaux vergers performants, bénéficiant à près de 40 000 producteurs.
Un chantier national pour relancer la productivité
Dans plusieurs communes du centre, les brigadiers et prestataires de services privés ont mené des opérations clés : éclaircie, élagage, débardage et désherbage. Ces interventions ont permis d’aérer les arbres, réduire les risques phytosanitaires et améliorer la circulation de la lumière — un facteur essentiel pour la floraison.
Les résultats sont visibles : la production nationale de noix de cajou est passée de 137 926 tonnes en 2020 à 225 000 tonnes en 2024, une hausse spectaculaire pour cette culture, deuxième produit d’exportation du pays après le coton.
Des producteurs mieux équipés et mieux formés
Pour plusieurs agriculteurs, les gains sont considérables. Certains sont passés de deux à six tonnes par campagne, tandis que d’autres, presque en faillite, ont vu leur rendement multiplié par dix. Le projet prend en charge les travaux de réhabilitation, fournit des plants greffés et polyclonaux, et accompagne l’installation de systèmes goutte-à-goutte pour réduire les pertes en saison sèche.
Des investissements structurants pour la filière
Le PACOFIDE ne se limite pas aux vergers. Il finance aussi des sous-projets dans les chaînes de valeur de l’ananas et de l’anacarde, touchant plus de 351 000 bénéficiaires, ainsi que la construction d’un terminal frigorifique à l’aéroport de Cotonou pour soutenir les exportations. En réponse à la flambée du prix des intrants, il a également facilité l’accès des producteurs béninois aux engrais pour la période 2023-2026, grâce à une enveloppe de 100 millions de dollars.
Une filière en pleine renaissance
Avec des plantations modernisées, des plants plus performants, et un encadrement technique renforcé, la filière anacarde s’impose aujourd’hui comme un moteur de croissance rurale. Les autorités et les acteurs du secteur y voient une véritable renaissance capable de transformer durablement l’économie agricole du Bénin.








































