Banque mondiale : une nouvelle feuille de route santé pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre
Le Groupe de la Banque mondiale intensifie son engagement en faveur du capital humain en Afrique. Réunis le 4 mai à Accra, des ministres de la Santé et des Finances d’Afrique de l’Ouest et du Centre, aux côtés de partenaires techniques, du secteur privé et d’organisations régionales, ont validé une nouvelle dynamique régionale autour du financement et de la transformation des systèmes de santé.
À cette occasion, l’institution a dévoilé sa stratégie régionale intitulée « En bonne santé pour prospérer : investir dans la santé au service de l’emploi et du développement en Afrique de l’Ouest et du Centre ».
Une stratégie pour accélérer la couverture sanitaire universelle
Cette nouvelle feuille de route vise à accélérer les progrès vers la couverture sanitaire universelle (CSU) dans une région confrontée à d’importants défis sanitaires, nutritionnels et démographiques.
La stratégie repose sur une approche pilotée par les pays et fondée sur le principe de souveraineté sanitaire.
Pour la Banque mondiale, les investissements dans la santé ne relèvent pas uniquement d’un impératif social ou humanitaire.
Ils constituent également un levier économique central pour :
• soutenir la productivité ;
• renforcer la résilience économique ;
• favoriser la création d’emplois durables.
Trois axes stratégiques prioritaires
Le programme « En bonne santé pour prospérer » s’articule autour de trois priorités majeures :
1. Renforcer les premières lignes de front
L’accent est mis sur l’amélioration de la prestation des services de santé primaires, considérés comme la base de systèmes sanitaires plus inclusifs et efficaces.
2. Réparer les finances
La Banque mondiale insiste sur la nécessité d’assurer des investissements durables dans le secteur de la santé, à travers une meilleure allocation des ressources et une mobilisation accrue des financements domestiques.
3. Préparer l’avenir
Le troisième pilier vise à renforcer la résilience des systèmes de santé face aux crises sanitaires, climatiques et économiques futures.
Santé et croissance économique désormais liées
Pour les responsables réunis à Accra, santé et développement économique sont désormais étroitement interdépendants.
Le chef de cabinet de la présidence ghanéenne, Julius Debrah, a souligné l’alignement de cette stratégie avec les priorités nationales du Ghana.
Selon lui, investir dans la santé revient aussi à investir dans :
• l’emploi ;
• la stabilité sociale ;
• la prospérité future.
L’ambition affichée est de garantir à chaque citoyen, indépendamment de son revenu ou de sa localisation, un accès à des soins de qualité.
Un objectif régional de 200 millions de bénéficiaires d’ici 2030
La stratégie s’inscrit dans l’objectif plus large du Groupe de la Banque mondiale consistant à fournir des services de santé abordables et de qualité à 200 millions de personnes en Afrique d’ici 2030.
Cette cible contribue à l’ambition mondiale de l’institution d’atteindre 1,5 milliard de personnes.
Le programme est également aligné sur plusieurs initiatives complémentaires, notamment :
• AIM2030 (Initiative africaine pour l’accès et la fabrication de produits médicaux) ;
• le Mécanisme de financement mondial (GFF) ;
• les pactes nationaux pour la santé.
Les pays appelés à mobiliser davantage de ressources internes
Dans une déclaration commune adoptée à l’issue de la réunion, les ministres participants ont insisté sur l’urgence d’optimiser les ressources existantes et d’accroître les financements nationaux consacrés à la santé.
Ils plaident pour la mise en place de pactes nationaux pour la santé dans chaque pays.
Ces accords visent à aligner :
• ministères de la Santé ;
• ministères des Finances ;
• partenaires techniques et financiers.
L’objectif est de fonctionner autour d’un cadre unifié :
• un seul plan ;
• un seul budget ;
• un seul système de reporting.
Le secteur privé présenté comme acteur clé
Les participants ont également reconnu que les objectifs de transformation sanitaire ne pourront être atteints par les seuls États.
Le secteur privé est identifié comme partenaire stratégique dans :
• l’innovation médicale ;
• la prestation de services ;
• le développement de chaînes de valeur locales pour les produits de santé.
Cette approche traduit une volonté croissante de construire des systèmes de santé plus intégrés et financièrement soutenables.
Une nouvelle vision du développement en Afrique
À travers cette stratégie, la Banque mondiale cherche à repositionner la santé comme moteur de transformation économique.
L’idée centrale est claire : une population en meilleure santé est plus productive, mieux protégée contre les chocs et plus apte à soutenir une croissance inclusive.
Pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, où les besoins restent massifs, cette feuille de route pourrait devenir un cadre structurant pour la prochaine décennie de développement sanitaire et économique.







