Réunis à Accra, au Ghana, à l’occasion du Africa Trade Summit, présidents, ministres, dirigeants d’institutions et grands opérateurs économiques ont débattu des perspectives de l’industrialisation de l’Afrique. Tenues les 30 et 31 janvier 2026, les discussions ont porté sur les grands secteurs industriels du continent, allant des ressources minières aux produits pharmaceutiques, avec un même fil conducteur : la nécessité de créer davantage de valeur ajoutée locale.
Pour Fatou Haïdara, directrice générale adjointe de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Unido), l’enjeu est clair : l’Afrique doit transformer beaucoup plus de ses matières premières, notamment dans les secteurs agricole et minier. « La valeur ajoutée reste faible au regard du potentiel du continent. Il faut penser développement en termes de chaînes de valeur, en tenant compte des priorités propres à chaque pays et à chaque région », explique-t-elle.
Des « champions industriels » africains en émergence
Interrogée sur les exemples de réussite, Fatou Haïdara cite notamment Aliko Dangote au Nigeria, devenu une référence industrielle sur le continent, ou encore des dirigeants d’entreprises panafricaines comme Ecobank et Asky. Selon elle, ces succès ne doivent rien au hasard. « Les gouvernements, en mettant en place les bonnes politiques et en partenariat avec le secteur privé, peuvent créer ces champions. Mais cela se fait de manière délibérée et sur le long terme », souligne-t-elle.
La transformation, clé de la valeur ajoutée
De manière générale, l’Afrique transforme encore peu ses ressources. Pourtant, les opportunités sont nombreuses. L’approche par chaîne de valeur permettrait à plusieurs pays de se répartir les différentes étapes de transformation, certains allant jusqu’au produit fini, d’autres se positionnant sur des maillons intermédiaires. Cette complémentarité régionale est présentée comme un levier majeur pour accélérer l’industrialisation.
Agriculture et mines, deux piliers stratégiques
Selon Fatou Haïdara, le secteur agricole et l’agrobusiness offrent un potentiel de valeur ajoutée encore plus important que le secteur minier, même si ce dernier reste stratégique pour de nombreux pays africains. Elle cite notamment l’exemple du Ghana, où la mise en place d’un dispositif de gouvernance pour l’or permet de mieux contrôler la commercialisation et d’accroître les revenus tirés de cette ressource.
Un partenariat public-privé indispensable
Pour réussir l’industrialisation du continent, les rôles sont clairement répartis :
- Les gouvernements doivent créer un environnement favorable et des politiques industrielles cohérentes ;
- Le secteur privé est appelé à investir et à porter les projets industriels ;
- Les institutions financières doivent fournir les financements nécessaires.
Mais au-delà de cette répartition, Fatou Haïdara insiste sur un point central : « Le partenariat doit être fondé sur la concertation et la confiance. C’est à cette condition que l’industrialisation de l’Afrique pourra s’inscrire dans la durée et générer un développement économique durable. »







