Afreximbank et ZEP-RE veulent renforcer l’expertise financière africaine
La Banque africaine d’Import-Export (Afreximbank) et ZEP-RE, société de réassurance de la PTA, renforcent leur coopération. Les deux institutions ont signé un protocole d’accord (MoU) de trois ans destiné à développer les compétences professionnelles et les capacités institutionnelles dans plusieurs domaines stratégiques : commerce, financement du commerce, assurance, réassurance, gestion des risques et facilitation des échanges.
L’accord associe directement les structures de formation des deux institutions, Afreximbank Academy (AFRACAD) et ZEP-RE Academy. L’objectif est de créer des programmes combinant apprentissage, recherche et partage de connaissances, avec une orientation résolument africaine.
La signature est intervenue dans les locaux de ZEP-RE à Nairobi, entre Stephen Tio Kauma, Directeur général du Groupe chargé des Ressources humaines d’Afreximbank, et Jephita Gwatipedza, Directeur général adjoint du Groupe et Directeur des opérations de ZEP-RE.
Du financement du commerce à la gestion des risques
Au-delà d’un simple partenariat académique, l’accord vise à répondre à une problématique structurelle du développement des échanges africains : la disponibilité des compétences capables d’accompagner la sophistication croissante des opérations commerciales et financières.
Afreximbank apporte son expertise dans le commerce et le financement du commerce, tandis que ZEP-RE dispose d’une expérience spécialisée dans l’assurance, la réassurance et la gestion des risques.
Le rapprochement des deux expertises doit permettre de développer des formations directement applicables aux besoins des professionnels, des institutions financières, des régulateurs et des autres acteurs des marchés africains.
Cette approche intervient alors que l’intégration commerciale du continent nécessite non seulement des infrastructures et des capitaux, mais également des capacités humaines et institutionnelles adaptées.
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Trois axes pour structurer le partenariat
Le programme de coopération repose sur trois grands axes.
- Des contenus pédagogiques conçus pour les réalités africaines
AFRACAD et ZEP-RE Academy vont d’abord travailler à la co-création de contenus d’apprentissage numériques.
Cours en ligne, boîtes à outils et études de cas africaines seront développés conjointement, à partir des besoins identifiés sur les différents marchés.
Ces ressources pourront être diffusées via la plateforme numérique d’AFRACAD et le système de gestion de l’apprentissage de ZEP-RE Academy. L’objectif est ainsi d’élargir l’accès à des formations spécialisées au-delà des seuls participants aux sessions présentielles.
- Former les professionnels aux nouveaux enjeux du marché
Le deuxième volet portera sur des programmes de développement professionnel et de formation des cadres.
Les thématiques envisagées couvrent notamment :
- le risque et la réassurance ;
- les garanties commerciales ;
- la facilitation des échanges ;
- les infrastructures financières ;
- le développement des marchés.
Les formations pourront prendre la forme de sessions courtes, de masterclasses destinées aux cadres, de programmes de certification ou de formations structurées. Elles seront proposées en présentiel, à distance ou dans un format hybride.
- Produire davantage de connaissances africaines
Le troisième axe concerne la recherche et la production de connaissances.
Les deux institutions prévoient notamment des études conjointes, des webinaires, des dialogues sur les politiques publiques et des forums sectoriels.
Ces espaces doivent permettre de réunir praticiens, régulateurs, partenaires au développement et responsables du secteur privé autour des nouveaux défis auxquels sont confrontés les marchés africains.
L’enjeu dépasse donc la formation individuelle : il s’agit également de contribuer à la constitution d’une expertise institutionnelle africaine sur les questions de commerce, de finance et de gestion des risques.
« Les connaissances et les capacités institutionnelles » au cœur de l’enjeu
Pour Stephen Tio Kauma, le développement du commerce et des investissements africains ne peut reposer uniquement sur les ressources financières et les infrastructures.
Le responsable d’Afreximbank estime que les connaissances, les compétences et les capacités institutionnelles constituent également des composantes essentielles de la transformation du commerce africain.
Le partenariat avec ZEP-RE doit précisément permettre de rapprocher plusieurs expertises complémentaires afin de proposer des solutions de formation et de partage des connaissances adaptées aux réalités du continent.
De son côté, Jephita Gwatipedza souligne le lien entre développement du commerce et maîtrise des risques. Selon lui, la croissance durable des échanges suppose que les institutions qui les financent et les facilitent soient capables de comprendre, d’évaluer et de gérer les risques associés.
Un partenariat qui prolonge l’expérience de TABA
Le nouveau protocole ne constitue pas une initiative isolée. Il s’inscrit dans le prolongement de la coopération déjà engagée entre Afreximbank et ZEP-RE.
En 2025, les deux institutions ont notamment lancé la Trans-Africa Bond Alliance (TABA), destinée à renforcer les capacités en matière d’assurance, à faciliter le commerce transfrontalier et à favoriser la circulation des marchandises et des investissements à travers le continent.
Depuis le début de ses activités en juin 2025, TABA a soutenu, selon les données communiquées par les institutions, des obligations représentant environ 185 millions de dollars en 2025 et 280 millions de dollars au premier trimestre 2026. Les risques concernés provenaient de 24 cédantes réparties dans cinq pays.
TABA s’inscrit également dans le Régime collaboratif africain de garantie de transit (AACTGS) d’Afreximbank et dans les initiatives de facilitation des échanges liées à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Les garanties de transit, un autre levier de facilitation du commerce
Le dispositif collaboratif africain de garantie de transit bénéficie, dans son ensemble, d’une enveloppe de garantie d’un milliard de dollars. Une facilité de 300 millions de dollars est mise en œuvre avec ZEP-RE dans la région du COMESA.
L’objectif est notamment de limiter la dépendance aux multiples garanties nationales exigées lors des opérations de transit transfrontalier.
Une harmonisation de ces mécanismes peut contribuer à réduire les fonds de roulement immobilisés en garanties et à rendre les opérations commerciales transfrontalières plus prévisibles.
Le nouveau protocole étend donc la coopération entre Afreximbank et ZEP-RE à un autre maillon de cette chaîne : la formation des acteurs appelés à concevoir, financer, assurer et sécuriser les échanges.
Un enjeu de capital humain pour l’intégration africaine
À travers cet accord, Afreximbank et ZEP-RE mettent en avant une dimension souvent moins visible de l’intégration économique : le capital humain et la capacité des institutions à maîtriser des opérations de plus en plus complexes.
Le développement des échanges intra-africains, l’expansion du financement du commerce et la mise en œuvre progressive de la ZLECAf créent des besoins croissants en expertise dans des domaines étroitement liés : financement, garanties, assurance, réassurance, conformité et gestion des risques.
Sur trois ans, AFRACAD et ZEP-RE Academy chercheront ainsi à construire un vivier de compétences africaines capable d’accompagner ces transformations.
Le protocole prévoit une durée initiale de trois ans, avec possibilité de renouvellement d’un commun accord. Son enjeu sera désormais de transformer les programmes annoncés en compétences effectivement mobilisables par les entreprises, les institutions financières et les administrations sur les différents marchés du continent.
À travers ce rapprochement, le financement du commerce et la gestion des risques sont ainsi abordés comme deux dimensions complémentaires d’une même ambition : rendre les échanges africains plus structurés, plus sécurisés et davantage soutenus par une expertise développée sur le continent.







