Le 5 février 2025, lors de l’African Mining Indaba 2025 au Cap, en Afrique du Sud, Afreximbank a appelé les pays africains à adopter une stratégie audacieuse pour exploiter et transformer localement leurs ressources minières. Cette démarche vise à créer de l’emploi, favoriser le développement industriel et garantir une croissance économique durable.
Selon Denys Denya, premier Vice-président exécutif d’Afreximbank, l’Afrique doit changer de cap. En 2023, l’industrie minière mondiale a généré 1 700 milliards de dollars US, mais le continent ne capte qu’entre 4 % et 20 % de la valeur de ses propres ressources. Le faible niveau de transformation locale entraîne une perte d’opportunités économiques et une dépendance accrue vis-à-vis des marchés extérieurs. « Le moment est venu d’agir. Gouvernements, investisseurs et industries doivent travailler ensemble pour que l’exploitation minière africaine devienne un vecteur de transformation et d’innovation, » a déclaré Denys Denya.
Afreximbank encourage les gouvernements à mettre en place des régulations claires favorisant la création de valeur ajoutée locale. Le secteur privé est invité à investir dans des infrastructures de raffinage, de fusion et de fabrication pour les ressources comme la bauxite, le lithium, le cobalt et le minerai de fer.
L’intégration régionale, notamment grâce à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), est essentielle pour développer des chaînes de valeur minérales intra-africaines et renforcer la coopération transfrontalière.
En trois ans, Afreximbank a déjà alloué plus de 1 milliard de dollars US au secteur minier africain. Parmi les projets soutenus :
Une usine de traitement de la bauxite en Guinée ;
L’expansion d’une usine de traitement du manganèse au Gabon ;
Le financement du fonds de roulement d’une société de diamants au Botswana ;
Une usine de pigments de dioxyde de titane en Afrique du Sud.
De plus, le Fonds d’ajustement de la ZLECAf, doté de 10 milliards de dollars US, soutient la transition des pays et entreprises vers ce nouveau régime commercial.
L’utilisation de plateformes numériques, comme Africa Trade Gateway et le Système panafricain de paiement et de règlement, facilitera les transactions et l’accès aux marchés. Par ailleurs, Afreximbank développe des zones économiques spéciales (ZES) pour surmonter les problèmes d’infrastructure et favoriser l’industrialisation.
Un projet phare est la fabrication de batteries pour véhicules électriques en RDC et Zambie, qui positionne l’Afrique au centre de la transition énergétique mondiale.
L’African Mining Indaba 2025, qui se tient du 3 au 6 février, est une opportunité cruciale pour redéfinir l’avenir du secteur minier africain. Avec un engagement collectif et des investissements stratégiques, l’Afrique peut transformer son immense potentiel minier en moteur de croissance économique et de prospérité durable.




























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