Le 5 juin 2025, à Abuja, Nigeria, la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) a signé un accord pour une facilité de financement du commerce de 100 millions d’euros en faveur de la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC). Annoncé le 16 juin 2025, ce financement vise à soutenir des projets d’intégration régionale et à moderniser les infrastructures commerciales dans la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Cet article explore les détails de l’accord, son impact sur la région, et le renforcement du partenariat entre Afreximbank et la BDEAC.
Une facilité pour l’intégration et l’infrastructure
La facilité de 100 millions d’euros permettra à la BDEAC de financer :
- Projets d’intégration régionale : Renforcer les échanges commerciaux et la coopération économique entre les six pays de la CEMAC (Cameroun, République centrafricaine, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad).
- Infrastructures commerciales : Améliorer les routes, ports, et réseaux logistiques pour faciliter le commerce intra-régional, qui ne représente que 5 % du commerce total de la CEMAC.
L’accord a été signé en marge du lancement du Centre Médical Africain d’Excellence (AMCE), soulignant l’engagement d’Afreximbank dans des initiatives à fort impact. Le professeur Benedict Oramah, président d’Afreximbank, a déclaré : « Cette facilité marque un jalon dans nos efforts pour approfondir le commerce et combler le déficit d’infrastructures en CEMAC. »
Un partenariat renforcé entre Afreximbank et BDEAC
La BDEAC, institution financière de développement de la CEMAC, entretient une collaboration de longue date avec Afreximbank. Cet accord, signé par Dieudonné Evou Mekou, président de la BDEAC, et Benedict Oramah pour Afreximbank, consolide leur partenariat. Evou Mekou a souligné : « Cette facilité confirme la qualité exceptionnelle de notre partenariat avec Afreximbank, renforçant nos interventions pour l’intégration économique et le développement durable en CEMAC. »
Cet engagement s’aligne avec le plan stratégique AZOBE 2023-2027 de la BDEAC, qui vise à améliorer les conditions de vie des populations à travers des projets structurants.
Impact économique pour la CEMAC
La facilité de 100 millions d’euros aura des retombées significatives :
- Commerce intra-régional : En 2024, le commerce intra-CEMAC était limité à 1,5 milliard de dollars, contre 40 milliards pour les exportations hors région. Cette facilité dynamisera les échanges locaux.
- Infrastructures : Les investissements dans les corridors logistiques, comme le port de Douala ou le réseau routier Tchad-Cameroun, réduiront les coûts de transport, estimés à 30 % des prix des biens.
- Emplois et croissance : Les projets financés créeront des milliers d’emplois indirects, soutenant une région où le PIB par habitant stagne à 2 500 dollars.
En renforçant l’intégration, la facilité contribuera à la mise en œuvre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), dont la CEMAC est un pilier.
Le rôle clé d’Afreximbank en Afrique
Afreximbank, avec des actifs de 40,1 milliards de dollars en 2024, est un acteur majeur du financement du commerce africain. En 2024, la banque a décaissé 30 milliards de dollars, dont 9,5 milliards pour des projets d’infrastructure. Cette facilité s’inscrit dans une série d’interventions récentes, comme le prêt de 1,6 milliard de dollars pour Staatsolie au Suriname ou le soutien à l’AMCE. Oramah a ajouté : « C’est en mutualisant nos ressources que nous transformerons les économies africaines. »
Contexte et défis de la CEMAC
La CEMAC, avec 60 millions d’habitants et un PIB combiné de 150 milliards de dollars, fait face à plusieurs défis :
- Dépendance aux matières premières : Le pétrole représente 70 % des exportations, rendant la région vulnérable aux fluctuations des prix.
- Infrastructures déficientes : Seulement 20 % des routes sont pavées, freinant le commerce régional.
- Faible intégration : Les barrières tarifaires et non tarifaires limitent les échanges intra-régionaux.
La facilité de 100 millions d’euros vise à pallier ces obstacles, en synergie avec des projets comme le corridor économique Douala-N’Djamena, financé par la BDEAC pour 500 millions de dollars en 2024.
Perspectives pour la BDEAC
Avec cette facilité, la BDEAC diversifie ses interventions, passant de 45 projets financés en 2023 (1,2 milliard de dollars) à une approche plus ciblée sur le commerce et l’infrastructure. En 2024, la banque a approuvé 600 millions d’euros pour des projets dans l’énergie et les transports, et ce nouveau financement renforcera sa capacité à soutenir des initiatives structurantes. Evou Mekou a noté que cette facilité « contribuera significativement à l’amélioration des conditions de vie en CEMAC. »
Le 5 juin 2025, Afreximbank a accordé une facilité de 100 millions d’euros à la BDEAC pour financer l’intégration régionale et les infrastructures commerciales en CEMAC, signant un accord historique à Abuja. Ce partenariat, salué par Benedict Oramah et Dieudonné Evou Mekou, renforce la coopération entre deux institutions clés pour l’économie africaine. En soutenant le commerce intra-régional et en comblant le déficit d’infrastructures, cette facilité pave la voie à une croissance durable en CEMAC, alignée avec les objectifs de la ZLECAf et du développement continental.







