Standard Chartered a perçu 29 millions de dollars, soit environ 16,3 milliards de FCFA, à l’occasion de la cession de sa filiale camerounaise à Access Bank. Ce montant, qui n’avait pas été dévoilé lors de la finalisation de la transaction en décembre 2025, figure dans les états financiers 2025 du groupe bancaire britannique, publiés le 24 février 2026.
Dans son tableau des flux de trésorerie, Standard Chartered détaille les encaissements issus de trois opérations de cession réalisées en Afrique au cours de l’année 2025. Sur un total de 48 millions de dollars, 29 millions proviennent de la vente de Standard Chartered Bank Cameroon, contre 13 millions pour les activités cédées en Tanzanie et 6 millions pour la filiale gambienne. La note 6 des comptes confirme cette répartition et précise que les montants correspondent aux contreparties en numéraire reçues.
Une transaction estimée à 16,34 milliards de FCFA
Sur la base des taux de change de référence du 5 décembre 2025, date de finalisation de la cession au Cameroun, les 29 millions de dollars représentent environ 16,34 milliards de FCFA.
À cette date, un euro s’échangeait contre 1,1645 dollar, tandis que la parité fixe entre l’euro et le franc CFA s’établit à 655,957 FCFA pour un euro. Cette conversion fournit un ordre de grandeur de la somme encaissée. Elle ne correspond toutefois pas nécessairement au taux de change utilisé dans les comptes lors du règlement de l’opération.
Une perte comptable de 5,3 millions de dollars
Le montant encaissé ne doit pas être confondu avec le résultat comptable de la cession. Dans ses états financiers, Standard Chartered fait état d’une perte de 5,3 millions de dollars liée à la vente de Standard Chartered Bank Cameroon.
Le groupe précise que 9 millions de dollars correspondent au recyclage en résultat d’écarts de conversion accumulés antérieurement dans les capitaux propres. Ces ajustements comptables sont distincts des sommes versées par l’acquéreur.
Une autre note des comptes fait état de 20 millions de dollars d’écarts de conversion réalisés sur plusieurs cessions enregistrées en 2025. Ce montant global concerne plusieurs entités et ne peut donc pas être attribué uniquement à l’opération camerounaise. Les états financiers ventilent ces écarts entre l’entité indienne cédée, à hauteur de 3 millions de dollars, la Gambie, pour 8 millions, et le Cameroun, pour 9 millions.
Il serait ainsi incorrect de soustraire simplement la perte comptable de 5,3 millions de dollars des 29 millions encaissés, ou de les additionner, pour déterminer la valeur comptable de la filiale camerounaise. Le résultat de cession intègre notamment le reclassement d’écarts de conversion antérieurs, qui ne constitue pas un paiement supplémentaire d’Access Bank.
Les informations publiées ne suffisent donc pas, à elles seules, à reconstituer précisément la valeur nette comptable de Standard Chartered Bank Cameroon au moment de sa cession.
Lire aussi : Cameroun : l’État accélère la vente de General Bank
Une opération engagée en 2023 et finalisée en décembre 2025
La vente de la filiale camerounaise s’inscrit dans un processus engagé en juillet 2023. À cette période, Standard Chartered et Access Bank avaient conclu des accords portant sur plusieurs activités du groupe britannique en Afrique, notamment ses filiales au Cameroun, en Angola, en Gambie et en Sierra Leone, ainsi que certaines activités en Tanzanie.
Au Cameroun, la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a autorisé l’acquisition de Standard Chartered Bank Cameroon par Access Bank Cameroon dans une décision signée le 11 juin 2024 à Malabo.
Le transfert des activités camerounaises a finalement été achevé le 5 décembre 2025. Standard Chartered indique désormais ne plus disposer d’agences dans le pays et oriente ses anciens clients vers Access Bank Cameroon.
La publication des états financiers 2025 apporte ainsi une précision financière sur cette opération : si le montant encaissé par Standard Chartered atteint 29 millions de dollars, le résultat comptable de la cession fait apparaître une perte de 5,3 millions de dollars, deux données qui répondent à des logiques comptables différentes.







