Cameroun : l’État accélère la vente de General Bank
La General Bank of Cameroon (GBC) devrait bientôt changer de mains. La Présidence de la République du Cameroun a demandé l’accélération du processus de cession de la banque au consortium formé par NSIA Bank et la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), alors que l’État cherche à limiter le coût de son maintien dans le secteur bancaire.
Cette décision intervient après le rachat, en mai 2026, de 58,08 % supplémentaires du capital de GBC par l’État camerounais. Cette opération a porté sa participation totale à 83,68 %, faisant de l’État l’actionnaire largement majoritaire de l’établissement.
Un maintien sous contrôle public jugé coûteux
La nationalisation de GBC, issue de la reprise de l’ancienne filiale camerounaise de Société Générale, place désormais les autorités devant un important chantier de restructuration.
Le maintien durable de la banque dans le portefeuille public nécessiterait notamment des investissements importants dans ses infrastructures technologiques et la modernisation de son système informatique. Le coût de ces opérations est estimé à près de 150 milliards de FCFA.
Pour les autorités camerounaises, une telle charge serait difficilement compatible avec la volonté de limiter l’exposition financière de l’État au secteur bancaire. La cession apparaît ainsi comme une solution permettant de préserver la valeur de l’établissement tout en réduisant les besoins de financement publics.
Le tandem NSIA Bank-CNPS privilégié
Plusieurs investisseurs africains avaient manifesté leur intérêt pour GBC. Parmi les groupes cités figuraient notamment BGFIBank, Coris Bank International et Zenith Bank.
La Présidence camerounaise aurait toutefois choisi de privilégier le consortium NSIA Bank-CNPS, écartant ainsi les autres pistes étudiées dans le cadre du processus de recherche d’un repreneur.
Selon le schéma envisagé, NSIA Bank devrait apporter son expertise bancaire et technologique, avec une participation annoncée à 50 %, tandis que la CNPS fournirait un appui financier et institutionnel.
La finalisation de l’opération reste toutefois soumise aux procédures réglementaires, notamment à l’obtention de l’avis de non-objection de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC).
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Éviter une nouvelle privatisation à rallonge
L’accélération du processus répond également à la volonté des autorités d’éviter que la cession de GBC ne s’enlise dans une procédure longue et coûteuse.
Le dossier intervient dans un contexte où la privatisation de la Commercial Bank Cameroon (CBC) connaît déjà des délais importants. Pour les autorités, l’enjeu est donc de parvenir rapidement à une solution permettant de transférer la banque au secteur privé tout en sécurisant sa continuité d’exploitation.
Le choix d’un accord avec un repreneur déjà identifié doit ainsi permettre de réduire les délais et de donner davantage de visibilité à l’établissement.
L’État cherche à réduire son exposition bancaire
Au-delà du seul dossier GBC, l’opération pose la question du rôle de l’État camerounais dans le secteur bancaire.
Après avoir pris le contrôle majoritaire de la banque, l’État devrait désormais chercher à s’en désengager afin d’éviter de supporter seul les investissements nécessaires à sa transformation.
Cette orientation répond également aux préoccupations exprimées par certains partenaires financiers internationaux concernant l’empreinte croissante de l’État dans le secteur bancaire et les risques associés à la mobilisation de ressources publiques pour soutenir des établissements financiers.
Pour GBC, le principal enjeu sera désormais de réussir la transition vers son nouvel actionnariat, tout en modernisant ses infrastructures et en consolidant sa position sur le marché camerounais.
Si la transaction avec NSIA Bank-CNPS obtient les autorisations réglementaires requises, elle pourrait ainsi mettre un terme à une période de transition ouverte avec la reprise de la banque par l’État et relancer sa transformation sous contrôle privé.







