Burkina Faso : la Banque mondiale lance son cadre 2026-2031
Le Burkina Faso et le Groupe de la Banque mondiale ont officiellement lancé, le 2 octobre 2026 à Ouagadougou, leur nouveau Cadre de partenariat-pays (CPP) 2026-2031. Aligné sur les priorités du plan national de développement RELANCE 2026-2030, ce nouveau cadre vise à renforcer la coopération autour du capital humain, de l’énergie, de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et de la création d’emplois.
La cérémonie de lancement a été présidée par Fatoumata Bako Traoré, ministre déléguée chargée du Budget, représentant le ministre de l’Économie et des Finances. Elle a réuni des membres du gouvernement, des représentants de la Banque mondiale et plusieurs acteurs impliqués dans les politiques de développement.
Une coopération alignée sur les priorités nationales
Le nouveau CPP doit accompagner les efforts du Burkina Faso en matière de stabilisation, de résilience et de développement durable. Il s’inscrit dans les orientations du plan RELANCE, présenté comme le référentiel de la programmation économique et sociale du pays.
Pour Fatoumata Bako Traoré, ce cadre ne doit pas être réduit à un instrument de mobilisation de ressources. La ministre a insisté sur une coopération fondée sur le dialogue, la confiance et la capacité à adapter les interventions aux réalités et aux besoins du pays.
Cette approche doit notamment se traduire par un renforcement du capital humain, une amélioration de l’accès à l’énergie et une transformation du secteur agricole.
Lire aussi : Burkina Faso : adoption du Plan RELANCE 2026-2030
Quatre axes pour accompagner le développement
Le nouveau partenariat repose sur quatre axes complémentaires.
Le premier concerne le capital humain, avec des interventions dans l’éducation de base, la santé, la nutrition et le renforcement de la résilience des infrastructures sociales.
Le deuxième porte sur la productivité agricole. Il vise notamment à réduire la pauvreté, renforcer la sécurité alimentaire et créer davantage d’opportunités économiques en milieu rural, particulièrement pour les jeunes.
Le troisième axe concerne l’accès à l’énergie et aux services financiers. La Banque mondiale prévoit notamment d’accompagner les micros, petites et moyennes entreprises à travers les services financiers numériques afin de favoriser l’entrepreneuriat des jeunes.
Enfin, le quatrième axe porte sur le renforcement des services de base dans les villes et les communautés vulnérables, avec des interventions évoquées dans la connectivité, les transports, les infrastructures à faible émission de carbone et la protection contre les inondations.
Des résultats attendus dans l’éducation, la santé et l’emploi
Le CPP 2026-2031 fixe plusieurs résultats attendus. Il prévoit notamment une amélioration de la qualité et de l’inclusivité des services de santé et d’éducation, un accès accru à l’électricité ainsi qu’une amélioration de la productivité agricole et de la sécurité alimentaire.
La création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité, notamment au bénéfice de la jeunesse, figure également parmi les priorités du nouveau partenariat.
Plus de 4 milliards de dollars de portefeuille en 2025
Présent lors de la cérémonie, Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a rappelé que ce nouveau cadre intervient après plus de 63 années de partenariat entre le Burkina Faso et l’institution.
Selon les données présentées lors du lancement, plus de 430 000 élèves déplacés par les crises ont été réintégrés dans le système scolaire. Environ 850 000 personnes ont également eu accès à l’eau potable et 77 postes de santé avancés ont été déployés dans des zones considérées comme fragiles.
La Banque mondiale a par ailleurs indiqué que la production céréalière de la campagne agropastorale 2025-2026 avait dépassé 7 millions de tonnes, soit 126 % des besoins nationaux selon les données présentées lors de la cérémonie. La croissance économique aurait atteint environ 5 % en 2025, contre 4,8 % en 2024.
Sur le plan financier, le portefeuille de la Banque mondiale au Burkina Faso serait passé de 2,7 milliards de dollars en 2020 à près de 4 milliards de dollars en 2025, avec 29 projets actifs.
La mise en œuvre au cœur des attentes
Le lancement du nouveau CPP intervient également avec un enseignement tiré de l’évaluation du précédent cadre : l’existence de politiques pertinentes ne garantit pas nécessairement l’obtention des résultats attendus.
Ousmane Diagana a ainsi souligné l’importance de la mise en œuvre concrète et de l’adaptation aux réalités locales. La Banque mondiale entend renforcer sa flexibilité, faire davantage confiance aux acteurs de terrain et adapter ses mécanismes de supervision au contexte burkinabè.
Pour le gouvernement, l’enjeu est désormais de transformer les orientations du CPP en résultats mesurables. Fatoumata Bako Traoré a notamment appelé à accorder une attention particulière à la qualité des projets, à la célérité de leur exécution, à l’efficacité des ressources mobilisées et au suivi de leurs impacts.
Une nouvelle étape dans le partenariat Burkina-Banque mondiale
Le CPP 2026-2031 ouvre ainsi une nouvelle séquence dans la coopération entre le Burkina Faso et la Banque mondiale. Son efficacité dépendra non seulement des ressources mobilisées, mais également de la capacité des deux parties à traduire les priorités définies en actions concrètes.
Pour les autorités burkinabè, la priorité sera désormais de veiller à ce que les opérations retenues restent cohérentes avec le plan RELANCE et produisent des effets mesurables dans les secteurs prioritaires.








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