Gabon : Libreville prépare un nouvel Eurobond de 580 millions de dollars
Deux mois après avoir mobilisé 920 millions de dollars sur les marchés internationaux, le Gabon prépare une nouvelle émission obligataire de 580 millions de dollars, soit environ 332 milliards de FCFA. Cette opération s’inscrit dans la stratégie de financement de Libreville, qui entend mobiliser le reliquat de son enveloppe autorisée d’emprunt international pour 2026.
Selon Bloomberg, citant une source proche du dossier, le pays envisage de proposer un Eurobond d’une maturité finale de huit ans. Les autorités auraient mandaté BofA Securities en qualité de chef de file unique pour organiser une série de rencontres avec des investisseurs obligataires à compter du mercredi 30 septembre 2026.
Un retour sur les marchés après une levée de 920 millions de dollars
Cette nouvelle opération intervient dans le prolongement de l’émission réalisée le 30 juillet 2026, au cours de laquelle le Gabon avait levé 920 millions de dollars, soit environ 525 milliards de FCFA.
L’emprunt avait été assorti d’un coupon de 9,375 %, d’une maturité de sept ans et d’un différé d’amortissement de trois ans. Le montant mobilisé avait dépassé de 22,7 % l’objectif initial de 750 millions de dollars, porté par une demande des investisseurs supérieure à 1 milliard de dollars.
Avec les 580 millions de dollars supplémentaires envisagés, les émissions internationales du Gabon atteindraient ainsi 1,5 milliard de dollars, soit près de 857 milliards de FCFA.
Ce montant correspond à l’enveloppe maximale d’emprunt international prévue dans le collectif budgétaire 2026.
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Le financement du budget 2027 mobilisera plusieurs sources
Le recours aux Eurobonds s’inscrit dans une stratégie de financement qui devrait se poursuivre en 2027.
Adopté le 18 septembre 2026, le projet de loi de finances 2027 prévoit un budget de 6 223,1 milliards de FCFA, contre 5 495,2 milliards de FCFA dans le collectif budgétaire 2026.
Les ressources de trésorerie et de financement sont évaluées à 2 931,4 milliards de FCFA, soit près de 47 % de l’ensemble des ressources budgétaires prévues.
Pour couvrir ses besoins, Libreville envisage notamment de mobiliser :
- 1 144,1 milliards de FCFA sur les marchés financiers internationaux ;
- 600 milliards de FCFA sur le marché financier régional ;
- 300 milliards de FCFA de dette bancaire ;
- 287,3 milliards de FCFA de prêts-projets.
Cette programmation traduit l’importance des financements extérieurs et du marché régional dans la couverture des besoins budgétaires du pays.
Le service de la dette devrait s’alourdir en 2027
La stratégie d’endettement intervient alors que les charges liées à la dette devraient augmenter au cours du prochain exercice.
Les charges financières sont projetées à 667,3 milliards de FCFA en 2027, contre 487,6 milliards de FCFA dans le collectif budgétaire 2026.
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Les amortissements de la dette devraient, pour leur part, atteindre 1 879,5 milliards de FCFA.
Ces échéances accentuent les besoins de refinancement du Gabon et renforcent l’importance de sa capacité à mobiliser des ressources sur les marchés financiers, dans des conditions compatibles avec la soutenabilité de ses finances publiques.
Les discussions avec le FMI se poursuivent
Le calendrier de cette nouvelle émission intervient également dans un contexte de reprise des échanges entre le Gabon et le Fonds monétaire international (FMI).
À l’issue d’une mission effectuée à Libreville du 14 au 25 septembre 2026, l’institution a indiqué que les discussions avaient notamment porté sur l’audit de la dette, l’évolution des finances publiques et les orientations budgétaires pour 2027.
Les échanges techniques doivent se poursuivre en vue d’éventuelles négociations sur un nouveau programme de financement.
Parallèlement, l’agence Moody’s maintient la note souveraine du Gabon à Caa2, assortie d’une perspective négative, dans un environnement caractérisé par des besoins de financement élevés et un accès coûteux aux ressources internationales.
La nouvelle émission envisagée constitue ainsi une étape supplémentaire dans la mobilisation des financements nécessaires au budget gabonais, alors que le pays doit simultanément gérer ses échéances de dette et préserver ses capacités d’accès aux marchés internationaux.







