Le Bénin renforce sa position sur le marché financier régional. Bloomfield Investment Corporation vient de relever la notation financière souveraine du pays en monnaie locale, portant la note à long terme de A+ à AA-, avec une perspective stable. À court terme, l’agence maintient la note A1-, tout en faisant passer sa perspective de stable à positive.
Cette réévaluation traduit, selon l’agence de notation, une amélioration des fondamentaux économiques et financiers du Bénin, portée notamment par les réformes budgétaires et fiscales, la progression des recettes intérieures et une meilleure maîtrise des équilibres macroéconomiques.
Une note souveraine relevée de A+ à AA-
La décision de Bloomfield Investment Corporation constitue un signal favorable pour la signature financière du Bénin.
La note souveraine à long terme passe ainsi de A+ à AA-, deux catégories qui restent classées dans la catégorie « investissement ». Cette nouvelle notation traduit une appréciation renforcée de la capacité de l’État béninois à honorer ses engagements financiers.
À court terme, la note A1- est maintenue. La perspective associée évolue toutefois de stable à positive, ce qui traduit une appréciation plus favorable de la trajectoire financière du pays à court terme.
Cette évolution intervient dans un contexte où le Bénin cherche à consolider ses fondamentaux économiques tout en poursuivant son programme d’investissements et de transformation structurelle.
Le cadre macroéconomique gagne en solidité
Bloomfield met en avant la solidité du cadre macroéconomique et institutionnel béninois.
L’agence relève notamment l’évolution de la structure de l’économie, marquée par une progression du secteur tertiaire et par une dynamique d’industrialisation en cohérence avec les ambitions de développement du pays.
Le rebasage des comptes nationaux constitue également un élément important de cette évolution. Le changement d’année de référence, désormais fixée à 2023, a conduit à une réévaluation de 25,2 % du PIB.
Cette opération a notamment permis de mieux prendre en compte certaines composantes de l’activité économique, dont le poids du secteur informel, et de donner une image plus complète de la structure de l’économie béninoise.
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Les réformes fiscales et budgétaires portent leurs fruits
L’un des principaux arguments avancés par Bloomfield concerne les résultats des réformes structurelles engagées par l’État béninois.
Les mesures mises en œuvre dans les domaines fiscal et budgétaire ont contribué à accroître les recettes intérieures tout en renforçant la maîtrise des dépenses publiques.
Cette amélioration se reflète notamment dans l’évolution du déficit budgétaire.
Selon les données retenues par l’agence, le déficit public a été ramené à 2,3 % du PIB en 2025, contre un niveau supérieur auparavant. Le Bénin se situe ainsi sous la norme communautaire de l’UEMOA, fixée à 3 % du PIB.
Le respect de ce critère constitue un élément important dans l’appréciation de la trajectoire des finances publiques, alors que les États de l’Union poursuivent leurs efforts de consolidation budgétaire.
Une dette publique jugée soutenable
La question de la dette occupe également une place centrale dans l’analyse de Bloomfield.
La dette du Bénin représente environ 50 % du PIB, un niveau que l’agence considère comme soutenable au regard de la structure du portefeuille et des mécanismes de gestion mis en place par les autorités.
La structure de la dette constitue notamment un facteur de maîtrise des risques. Celle-ci est majoritairement composée d’emprunts à taux fixe, ce qui limite l’exposition du portefeuille aux fluctuations des taux d’intérêt.
Le Bénin poursuit par ailleurs une stratégie de gestion active de sa dette, fondée notamment sur l’allongement des maturités, l’optimisation de la structure de financement et la maîtrise du coût global du portefeuille.
Cette stratégie vise à réduire les risques de refinancement et à mieux répartir dans le temps les échéances auxquelles l’État doit faire face.
Des recettes fiscales en progression
Bloomfield souligne également l’amélioration continue des principaux indicateurs de soutenabilité de la dette.
Cette évolution est accompagnée par une progression des recettes fiscales, qui renforce progressivement la capacité de l’État à financer ses dépenses et à honorer ses obligations financières.
L’absence d’arriérés de paiement constitue un autre élément relevé par l’agence. Elle témoigne, selon son analyse, d’une gestion permettant à l’État de respecter ses engagements financiers dans les délais prévus.
Le Bénin bénéficie en outre d’un accès récurrent à différents types de financements, notamment les financements concessionnels et commerciaux.
La combinaison de ces facteurs contribue à renforcer la perception de la capacité de remboursement du pays à court et moyen terme.
Un meilleur accès potentiel au financement
Le relèvement de la notation souveraine intervient dans un contexte où les États africains cherchent à diversifier leurs sources de financement.
Une amélioration de la notation peut contribuer à renforcer la perception du risque souverain auprès des investisseurs et à faciliter l’accès aux marchés de capitaux, même si les conditions effectives de financement dépendent également des taux de marché, de la liquidité et de la conjoncture financière internationale.
Pour le Bénin, l’amélioration de la note constitue donc un élément supplémentaire dans la stratégie de mobilisation de ressources nécessaires au financement de ses politiques publiques et de ses investissements.
Elle vient également conforter les efforts engagés pour améliorer la gestion des finances publiques et préserver la soutenabilité de la dette.
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Le risque sécuritaire reste un point de vigilance
Bloomfield identifie toutefois un facteur susceptible de peser sur cette trajectoire : l’évolution de la situation sécuritaire.
Une dégradation plus importante pourrait avoir plusieurs conséquences sur les finances publiques et l’économie béninoise.
Elle pourrait notamment affecter la mise en œuvre des programmes de développement, entraîner une réallocation de certaines ressources publiques vers les dépenses liées à la sécurité et avoir des effets sur l’activité économique.
L’agence souligne également le risque qu’une détérioration du contexte sécuritaire affecte la quiétude nécessaire à l’attractivité de l’environnement des affaires.
Cet élément constitue donc un point de surveillance important pour la trajectoire économique du pays.
Le Bénin consolide sa crédibilité financière
Avec le passage de A+ à AA- à long terme et une perspective court terme relevée de stable à positive, Bloomfield Investment Corporation acte une amélioration de son appréciation de la situation financière du Bénin.
La progression des recettes intérieures, la maîtrise des dépenses, la réduction du déficit public à 2,3 % du PIB, l’absence d’arriérés de paiement et la gestion active de la dette figurent parmi les principaux facteurs ayant contribué à cette évolution.
Le principal enjeu pour les autorités sera désormais de maintenir cette trajectoire tout en poursuivant les investissements nécessaires à la transformation de l’économie.
La capacité du Bénin à préserver ses équilibres budgétaires, maîtriser les risques liés à sa dette et maintenir un environnement favorable à l’investissement sera déterminante pour consolider durablement cette amélioration de sa notation souveraine.







