Madagascar fait face à un besoin de financement de 7,27 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour financer son développement, accélérer sa croissance et transformer durablement son économie.
Le chiffre est avancé par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) dans son Rapport pays 2026, publié le 29 juillet. Intitulé « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de Madagascar dans un monde fragmenté », le document analyse les perspectives économiques de la Grande Île et les moyens de réduire son déficit de financement.
Un besoin de financement considérable
Selon la BAD, Madagascar devra mobiliser des ressources importantes, aussi bien sur le marché intérieur qu’auprès de partenaires extérieurs, pour atteindre ses objectifs de développement.
Le défi est d’autant plus important que l’environnement international devient plus contraignant. L’institution préconise donc de diversifier les sources de financement, d’améliorer la mobilisation des ressources domestiques et de renforcer la capacité de l’État à mettre en œuvre les investissements productifs.
Pour Adam Amoumoun, responsable du bureau pays de la BAD à Madagascar, l’accélération des réformes est devenue indispensable pour permettre au pays de mobiliser les ressources nécessaires à ses ambitions.
La croissance ralentit avant un rebond attendu
Cette nécessité intervient alors que l’économie malgache connaît un ralentissement.
La croissance du PIB est passée de 4,3 % en 2024 à 3,2 % en 2025, sous l’effet notamment des contraintes structurelles et des pressions extérieures.
La BAD prévoit une nouvelle baisse à 3 % en 2026. L’activité devrait toutefois retrouver une dynamique plus favorable à partir de 2027, avec une croissance projetée à 4,5 %.
Cette reprise serait notamment soutenue par les industries extractives, le tourisme et les télécommunications, ainsi que par la poursuite des investissements dans les infrastructures et l’amélioration progressive du climat des affaires.
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Madagascar dispose encore d’un important potentiel
Malgré l’ampleur du déficit de financement, la BAD estime que Madagascar dispose d’un potentiel économique considérable.
Des réformes appropriées pourraient permettre d’accroître les recettes et l’épargne domestiques, tout en attirant davantage de capitaux extérieurs.
L’enjeu consiste notamment à créer un environnement capable de mieux orienter les ressources vers les investissements productifs et les secteurs susceptibles de générer davantage de croissance et d’emplois.
La BAD appelée à renforcer son soutien
Lors du lancement du rapport, Dorette Mbinison Ratsiavahana, directrice générale du Trésor et gouverneure suppléante de la BAD pour Madagascar, a salué la coopération entre le pays et l’institution panafricaine.
Représentant le ministre de l’Économie et des Finances, elle a appelé à un renforcement de l’appui de la BAD et des partenaires techniques et financiers pour accompagner les initiatives nationales.
Cette coopération apparaît d’autant plus importante que le pays doit simultanément répondre à des besoins élevés en infrastructures, améliorer ses services publics et soutenir la transformation de son économie.
La nouvelle architecture financière africaine mise en avant
Face à ces besoins, la BAD encourage également Madagascar à accélérer la mise en œuvre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD).
Pour Kevin Urama, économiste en chef et vice-président du Groupe de la BAD chargé de la Gouvernance économique et de la Gestion des connaissances, cette initiative doit contribuer à renforcer les mécanismes africains de financement du développement.
L’objectif est notamment de mieux mobiliser les ressources disponibles sur le continent et de réduire la dépendance à des sources de financement extérieures parfois plus difficiles d’accès.
Le défi : transformer les ressources en investissements
Le besoin de 7,27 milliards de dollars par an illustre l’ampleur du défi auquel Madagascar est confronté.
Au-delà de la mobilisation des fonds, la capacité à transformer ces ressources en projets productifs sera déterminante. Le pays devra donc poursuivre les réformes destinées à renforcer son système financier, améliorer le climat des affaires et accroître l’efficacité de l’investissement public.
Avec une reprise de la croissance attendue à partir de 2027, Madagascar dispose d’une fenêtre d’opportunité. Mais la capacité à mobiliser des financements à grande échelle et à les orienter efficacement vers les secteurs stratégiques sera essentielle pour accélérer véritablement sa transformation économique.







