La banque portugaise Banco Português de Investimento (Banco BPI) s’apprête à tourner définitivement la page angolaise. La filiale du groupe bancaire espagnol CaixaBank a conclu un accord pour céder sa participation restante de 33,35 % dans Banco de Fomento Angola (BFA) à un groupe local.
L’opération devrait permettre à Banco BPI de mettre fin à une présence de près de trois décennies en Angola, tout en répondant aux exigences réglementaires européennes qui pèsent sur l’établissement depuis 2017.
Une participation cédée pour 388,5 millions d’euros
Banco BPI a annoncé le 3 septembre avoir conclu un accord avec Congolian Financial SA (CFSA), une société appartenant au conglomérat angolais Grupo Carrinho.
Le montant fixe de la transaction s’élève à 388,5 millions d’euros, soit environ 451 millions de dollars.
La finalisation de l’opération reste toutefois conditionnée à l’obtention des autorisations des autorités angolaises compétentes, notamment la Banque centrale et la Commission du marché des capitaux.
Une fois ces approbations obtenues, Banco BPI pourra solder définitivement sa participation dans BFA.
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Une sortie dictée par les exigences de la BCE
Cette cession constitue l’aboutissement d’un processus engagé en 2017, lorsque la Banque centrale européenne (BCE) avait demandé à Banco BPI de réduire son exposition aux risques liés à l’Angola.
À l’époque, la BCE estimait notamment que la supervision bancaire angolaise ne présentait pas un niveau d’équivalence suffisant avec les normes européennes en matière de fonds propres et de gestion des risques.
L’institution européenne s’inquiétait également de l’exposition de Banco BPI aux risques souverains angolais, dans une économie fortement dépendante des revenus pétroliers.
Près de 30 ans de présence en Angola
L’histoire de Banco BPI en Angola remonte à 1996. La banque portugaise avait alors acquis la succursale angolaise de Banco de Fomento e Exterior (BFE), avant de la transformer en banque universelle sous le nom de Banco de Fomento Angola.
En 2008, BPI avait cédé 49,9 % du capital de BFA à Unitel, l’opérateur télécoms angolais. Une nouvelle cession de 2 % en 2017 avait ensuite ramené la participation de BPI à 48,1 % et entraîné la perte du contrôle de la banque.
Depuis, plusieurs tentatives de désengagement se sont heurtées à des difficultés.
Plusieurs tentatives avant la sortie définitive
Banco BPI avait notamment tenté de céder sa participation de 48,1 % dans BFA à plusieurs reprises, sans parvenir à finaliser les opérations.
En juillet 2023, une transaction envisagée avec plusieurs candidats, dont Grupo Carrinho, avait été suspendue dans un contexte marqué par une forte dépréciation du kwanza face au dollar.
Un premier pas décisif a finalement été franchi en septembre 2025, avec la cession de 14,75 % de BFA lors de l’introduction en Bourse de la banque angolaise. La participation de BPI avait alors été ramenée à 33,35 %.
La vente annoncée en septembre 2026 constitue donc la dernière étape de ce long processus de désengagement.
Grupo Carrinho renforce son poids dans la banque angolaise
L’acquéreur, Grupo Carrinho, est l’un des principaux conglomérats agro-industriels d’Angola. Fondé en 1993, le groupe s’est progressivement diversifié à partir de ses activités initiales dans la restauration pour devenir un acteur majeur de la sécurité alimentaire du pays.
Son activité couvre notamment la transformation du riz, du blé et du maïs, le raffinage d’huile ainsi que la production de pâtes, biscuits, huiles végétales, sucre et lait.
Le groupe a également développé une présence importante dans le secteur financier. Il détient notamment 74 % de la Banco de Comércio e Indústria (BCI) et environ 70 % de Banco Keve.
Avec l’acquisition des dernières parts de BPI dans BFA, Grupo Carrinho poursuit donc sa montée en puissance dans le secteur bancaire angolais.
Une page se tourne pour Banco BPI
Sous réserve des autorisations réglementaires angolaises, la transaction permettra à Banco BPI de sortir définitivement du capital de BFA.
Pour la banque portugaise, cette opération marque surtout l’aboutissement d’un désengagement engagé depuis près d’une décennie sous la pression des exigences prudentielles européennes. Pour Grupo Carrinho, elle ouvre parallèlement la voie à un renforcement de son influence dans le secteur bancaire angolais.







