Côte d’Ivoire : le cacao et le café changent de prix
Les producteurs ivoiriens de cacao et de café connaissent désormais les prix minimums garantis pour la campagne 2026-2027. À l’ouverture de la nouvelle campagne, ce mardi 1er septembre, le gouvernement ivoirien a fixé le prix du cacao à 1 200 FCFA le kilogramme, tandis que celui du café s’établit à 1 300 FCFA le kilogramme.
L’annonce a été faite par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, lors de la 10ᵉ édition des Journées nationales du Cacao et du Chocolat (JNCC), organisée au Parc des expositions d’Abidjan, à Port-Bouët.
Cette nouvelle grille tarifaire intervient dans un contexte marqué par le recul des cours internationaux du cacao après les niveaux exceptionnellement élevés enregistrés fin 2024.
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Un recul de 57 % pour le prix du cacao
La nouvelle campagne marque une forte baisse du prix garanti aux producteurs.
Pour la campagne 2025-2026, le kilogramme de cacao était rémunéré à 2 800 FCFA au bord champ. Il passe désormais à 1 200 FCFA, soit une diminution de 1 600 FCFA par kilogramme, correspondant à une baisse d’environ 57 %.
Le café connaît également un repli, mais dans une proportion moins importante. Son prix passe de 1 700 FCFA à 1 300 FCFA le kilogramme, soit une baisse de 400 FCFA, équivalente à environ 24 %.La configuration est particulièrement notable pour le cacao. Pour la première fois depuis plusieurs années, son prix minimum garanti se retrouve inférieur à celui du café.
Les cours mondiaux du cacao sous pression
Cette baisse intervient alors que le marché international du cacao s’est fortement retourné après les sommets atteints fin 2024.
À cette période, la tonne de cacao avait approché les 13 000 dollars sur les marchés de Londres et de New York. Les cours ont ensuite connu une importante correction, évoluant autour de 3 000 à 3 900 dollars la tonne au premier semestre 2026.
Fin août, le marché a toutefois montré des signes de reprise. La tonne de cacao s’échangeait autour de 4 300 à 4 400 dollars à Londres sur l’échéance de septembre. Cette remontée reste néanmoins très éloignée des niveaux records observés quelques mois auparavant.
Le marché reste par ailleurs attentif à l’évolution des perspectives de production mondiale pour la campagne 2026-2027, plusieurs opérateurs ayant revu à la baisse leurs prévisions d’excédent.
Le café suit une trajectoire différente
L’évolution du marché du café est différente de celle du cacao.
Fin août, le robusta se maintenait autour de 3 500 dollars la tonne à Londres. À New York, l’arabica bénéficiait pour sa part d’une dynamique plus favorable, notamment en raison des retards de récolte observés au Brésil, premier producteur mondial de café.
Cette situation contribue à expliquer pourquoi la baisse du prix garanti du café est moins prononcée que celle enregistrée pour le cacao en Côte d’Ivoire.
Le cacao reste stratégique pour l’économie ivoirienne
Malgré la forte correction des prix, le cacao demeure au cœur de l’économie agricole ivoirienne.
La Côte d’Ivoire conserve son statut de premier producteur mondial de cacao et représente environ 40 % de l’offre mondiale. La filière fait vivre directement et indirectement plusieurs millions de personnes à travers les producteurs, les coopératives, les négociants, les exportateurs et les entreprises de transformation.
Le cacao représente également une part importante des recettes extérieures du pays. Selon les estimations couramment avancées, la filière pèse entre 15 % et 20 % du PIB et génère environ 40 % des recettes d’exportation ivoiriennes.
Le café occupe lui aussi une place historique dans l’agriculture d’exportation de la Côte d’Ivoire. Les deux filières constituent ainsi un secteur stratégique pour les revenus ruraux et les échanges commerciaux du pays.
Les JNCC au cœur des enjeux de la filière
La fixation des nouveaux prix constitue l’un des principaux temps forts de la 10ᵉ édition des Journées nationales du Cacao et du Chocolat.
Ce rendez-vous réunit producteurs, coopératives, transformateurs, opérateurs économiques et pouvoirs publics autour des principaux défis des filières café-cacao.
Au-delà de la question du prix bord champ, les discussions portent notamment sur la transformation locale, la compétitivité des producteurs, la durabilité des chaînes de valeur et l’avenir de ces deux cultures stratégiques.
Un nouveau défi pour les producteurs ivoiriens
Avec un prix garanti ramené à 1 200 FCFA le kilogramme, les producteurs de cacao abordent la campagne 2026-2027 dans un environnement beaucoup moins favorable que celui de la campagne précédente.
Le principal enjeu sera désormais de préserver les revenus des producteurs tout en maintenant la compétitivité de la filière ivoirienne face aux fluctuations des marchés internationaux.
Pour le gouvernement, la nouvelle campagne ouvre ainsi une période délicate : accompagner les producteurs face au recul des cours tout en consolidant la transformation et la création de valeur autour du cacao et du café ivoiriens.








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