Liberia : les droits de douane sur le solaire suspendus
Le Liberia renforce son soutien aux énergies renouvelables. Le président Joseph Nyuma Boakai a signé, le 27 août 2026, un décret suspendant pour une durée d’un an certains droits de douane applicables aux produits et équipements solaires destinés notamment à l’électrification hors réseau.
La mesure, prévue par l’Executive Order No. 168 « Solar Renewable Energy Products », concerne une liste précise de produits, composants, appareils et accessoires identifiés dans une annexe et classés selon leurs codes du Système harmonisé (SH). Elle vise à réduire les coûts d’accès aux équipements solaires et à accélérer le développement des solutions d’énergies renouvelables, en particulier dans les zones qui ne sont pas raccordées au réseau électrique.
Une suspension ciblée des droits de douane
Le dispositif ne constitue pas une exonération générale des taxes et charges à l’importation. Les produits éligibles restent notamment soumis à la taxe sur les biens et services ou à la TVA, aux frais d’utilisation des douanes ainsi que, lorsque cela s’applique, au prélèvement commercial de la CEDEAO.
Les autres taxes, frais, contrôles et obligations réglementaires continuent également de s’appliquer lorsqu’ils ne sont pas expressément suspendus par le décret.
L’éligibilité repose par ailleurs sur une règle stricte : seuls les produits mentionnés dans l’annexe et correctement classés sous les codes SH correspondants peuvent bénéficier de la suspension. Le simple fait qu’un équipement soit présenté comme « solaire » ou « énergie renouvelable » ne suffit donc pas.
Des conditions pour les importateurs
Le gouvernement a également prévu plusieurs conditions afin d’encadrer le dispositif. Les importateurs doivent notamment être enregistrés auprès du Liberia Business Registry et exercer une activité directement liée aux énergies renouvelables, au déploiement, à la distribution, à l’installation ou à l’utilisation productive des équipements concernés.
Lorsque cela est requis, ils doivent également être enregistrés auprès de la Rural and Renewable Energy Agency (RREA) et respecter les procédures d’importation, d’inspection, de vérification avant expédition et de délivrance des licences.
Les produits doivent par ailleurs satisfaire aux normes techniques, sanitaires, environnementales et de sécurité en vigueur. Les importateurs restent tenus de respecter les exigences de déclaration et de documentation fixées par la Liberia Revenue Authority (LRA).
La LRA chargée de contrôler l’application
La mise en œuvre de la suspension repose principalement sur la LRA. L’administration douanière devra appliquer le dispositif et prendre les mesures nécessaires pour assurer une interprétation uniforme des règles dans les différents points d’entrée du pays.
La RREA aura pour mission de tenir à jour le registre des produits et des bénéficiaires éligibles et de transmettre les informations nécessaires aux administrations concernées. L’autorité nationale chargée des normes devra, de son côté, veiller à la conformité des équipements importés.
Cette organisation doit permettre au gouvernement de faciliter les importations sans ouvrir la voie à une utilisation abusive du dispositif.
Des sanctions contre les abus
Le décret prévoit en effet des sanctions en cas de fraude ou de détournement de la mesure. Les fausses classifications, la falsification de documents, l’importation de produits non éligibles ou encore la manipulation des prix peuvent entraîner des sanctions douanières, fiscales, administratives, civiles ou pénales.
Les autorités conservent également la possibilité de réaliser des contrôles après dédouanement, des inspections et des enquêtes afin de vérifier l’utilisation effective de la suspension.
Un soutien à l’électrification rurale
Au-delà de la politique douanière, la mesure répond à un enjeu plus large pour le Liberia : élargir l’accès à l’électricité grâce aux solutions hors réseau. La réduction de certains droits d’importation doit contribuer à diminuer le coût des équipements et à favoriser les investissements dans les énergies renouvelables.
Le ministère des Finances et de la Planification du développement, en collaboration avec la LRA, la RREA et les autres administrations concernées, devra suivre les effets économiques et environnementaux du dispositif.
Les autorités devront notamment mesurer son impact sur les investissements, les coûts des équipements, l’accès aux énergies renouvelables, l’électrification rurale et l’utilisation productive de l’électricité, tout en évaluant ses conséquences sur les recettes publiques.
L’Executive Order No. 168 entre en vigueur dès sa publication et restera applicable pendant un an, sauf modification, suspension ou abrogation anticipée. Pour le Liberia, l’enjeu sera désormais de transformer cet allègement douanier ciblé en une baisse effective du coût des solutions solaires et en une accélération de l’électrification des zones encore mal desservies.







