BAD et Allemagne renforcent leur partenariat pour transformer le financement du développement en Afrique
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et l’Allemagne renforcent leur coopération afin de repenser les mécanismes de financement du développement sur le continent africain. Les deux partenaires entendent mieux coordonner les capitaux publics et privés, renforcer les institutions financières et accélérer la mise en œuvre de projets structurants à travers une approche commune axée sur les résultats.
Cette convergence stratégique repose sur la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), portée par la BAD, et sur le programme allemand de réforme de la coopération au développement adopté en 2026.
La NAFAD, un nouveau cadre pour financer la transformation de l’Afrique
Adoptée lors du Consensus d’Abidjan en avril 2026, la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD) vise à moderniser les mécanismes de financement du continent.
Ce cadre stratégique poursuit plusieurs objectifs :
- mieux coordonner la mobilisation des capitaux ;
- renforcer les mécanismes de partage des risques ;
- développer des portefeuilles de projets prêts à l’investissement ;
- améliorer l’accès aux financements ;
- soutenir l’industrialisation des pays africains.
À travers cette initiative, la BAD souhaite accroître l’efficacité des ressources mobilisées et accélérer la transformation économique de ses pays membres régionaux.
Les réformes allemandes convergent avec les priorités de la BAD
Le programme allemand de coopération au développement, intitulé « Façonner l’avenir ensemble à l’échelle mondiale » et adopté en janvier 2026, s’inscrit dans la même dynamique.
Cette réforme privilégie :
- un financement plus ciblé ;
- des instruments financiers adaptés aux besoins des partenaires ;
- une implication accrue du secteur privé ;
- le renforcement des institutions multilatérales ;
- la création de valeur locale.
L’objectif est de favoriser une coopération fondée sur des intérêts communs et des résultats concrets, en mettant davantage l’accent sur l’investissement productif et le développement des économies africaines.
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Un dispositif allemand mobilisant plusieurs institutions
La mise en œuvre de cette stratégie est coordonnée par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ).
Elle s’appuie sur trois acteurs majeurs :
- KfW, la banque allemande de développement ;
- GIZ, l’agence allemande de coopération internationale ;
- DEG, filiale de KfW spécialisée dans le financement du secteur privé.
En combinant assistance technique, financement du développement et investissements privés, ce dispositif vise à accompagner durablement les projets économiques en Afrique.
L’énergie au cœur du partenariat
Le secteur énergétique constitue aujourd’hui l’un des principaux axes de coopération entre la BAD et l’Allemagne.
Berlin figure parmi les partenaires clés de Mission 300, l’initiative conjointe de la Banque africaine de développement et du Groupe de la Banque mondiale visant à raccorder 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030.
Depuis 2021, l’Allemagne a apporté 234 millions d’euros au Fonds pour l’énergie durable en Afrique (SEFA), dont le portefeuille comprend désormais 54 opérations dans 46 pays, représentant plus de 405 millions de dollars d’engagements.
Le pays est également partenaire fondateur de l’Alliance pour l’infrastructure verte en Afrique (AGIA), pilotée conjointement par la BAD et Africa50.
En complément, l’Allemagne prévoit d’investir 4 milliards d’euros dans des projets énergétiques africains d’ici 2030, illustrant sa volonté d’accélérer la transition énergétique du continent.
Soutenir davantage le secteur privé africain
La coopération entre les deux partenaires s’étend également au développement du secteur privé.
L’Allemagne poursuit notamment le déploiement du Pacte avec l’Afrique, destiné à améliorer le climat des investissements et à mobiliser davantage de capitaux privés.
Entre 2020 et 2024, la Banque africaine de développement a engagé plus de 14 milliards de dollars dans les pays participant à cette initiative et a facilité la mobilisation de financements additionnels grâce à des instruments tels que les garanties partielles de crédit.
Un partenariat historique au service du développement
Les relations entre la Banque africaine de développement et l’Allemagne remontent à plus de quarante ans.
L’Allemagne est devenue membre de la BAD en 1983 et contribue au Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel du Groupe, depuis 1973.
Elle occupe aujourd’hui une place stratégique parmi les partenaires financiers de l’institution. Berlin est le deuxième contributeur à la 17ᵉ reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-17), avec un engagement de 607,57 millions d’euros, et se classe troisième actionnaire non régional de la Banque sur une base cumulée.
Une ambition commune pour mobiliser davantage de capitaux
À mesure que la mise en œuvre de la NAFAD progresse, la BAD et l’Allemagne entendent approfondir leur coopération afin de bâtir des systèmes de financement plus performants et mieux coordonnés.
En associant capitaux publics, investissements privés, expertise technique et renforcement institutionnel, les deux partenaires souhaitent accélérer le financement des infrastructures, de l’énergie, de l’industrialisation et des projets structurants, tout en soutenant une croissance plus durable et inclusive à travers le continent africain.







