Burkina Faso crée Bouboulou S.A., sa première mine d’or industrielle 100 % publique
Le Burkina Faso accélère sa stratégie de souveraineté sur ses ressources minières. Le gouvernement a approuvé la création de Bouboulou S.A., une mine d’or industrielle détenue à 100 % par l’État à travers la Société de Participation Minière du Burkina (SOPAMIB). Cette décision marque le retour de l’État burkinabè dans l’exploitation directe de l’or, une première depuis la fermeture de la mine de Poura en 1999.
La décision a été prise lors du Conseil des ministres du 9 juillet 2026, qui a adopté un décret accordant à SOPAMIB Bouboulou S.A. un permis d’exploitation industrielle de grandes mines d’or pour un gisement situé dans la commune de Yako, dans la région du Yaadga.
Un tournant dans la politique minière du Burkina Faso
Pour le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, ce projet traduit un changement majeur dans la politique minière nationale.
Selon lui, le Burkina Faso ne souhaite plus se limiter à attribuer des permis d’exploitation à des sociétés privées, mais devenir lui-même un acteur industriel de premier plan.
« Il s’agit d’une rupture avec le modèle de concession passive afin que l’État devienne un acteur industriel à part entière », a-t-il déclaré.
Avec Bouboulou S.A., le gouvernement entend renforcer sa maîtrise de la chaîne de valeur minière et accroître la part des revenus directement captés par le Trésor public.
Plus de 32 milliards FCFA d’investissement
Le projet représente un investissement de plus de 32 milliards de FCFA (environ 55 millions de dollars) et prévoit une durée d’exploitation supérieure à 15 ans.
Selon les estimations officielles, la mine devrait produire :
- 7,27 tonnes d’or au total ;
- près de 234 000 onces d’or ;
- une production annuelle moyenne d’environ 485 kilogrammes.
L’exploitation devrait générer près de 39 milliards de FCFA de recettes directes pour l’État, hors dividendes. D’autres évaluations gouvernementales avancent un montant d’environ 34,5 milliards de FCFA, selon la méthodologie de calcul retenue.
Le projet devrait également permettre la création ou le maintien de près de 1 200 emplois directs et indirects, certaines projections évoquant jusqu’à 1 272 postes.
Une stratégie de renforcement du contrôle de l’État
La création de Bouboulou S.A. s’inscrit dans une politique plus large visant à renforcer la présence de l’État dans l’industrie aurifère.
Au cours des dernières années, les autorités burkinabè ont repris le contrôle des mines de Boungou, Wahgnion et Taparko, désormais intégrées au portefeuille de la SOPAMIB, créée en 2014 et devenue un acteur central de la stratégie minière nationale.
Cette orientation intervient dans un contexte particulièrement favorable. En 2025, la production nationale d’or a dépassé 94 tonnes, soutenue par la hausse des cours mondiaux du métal précieux.
Le gouvernement ambitionne ainsi d’augmenter les recettes minières revenant directement à l’État tout en consolidant sa souveraineté sur une ressource stratégique pour l’économie nationale.
Un projet très attendu
Si les autorités indiquent que les travaux de construction de la mine sont désormais achevés, la date officielle de mise en production n’a pas encore été annoncée.
Le lancement de Bouboulou S.A. constituera un test important pour la SOPAMIB, appelée à gérer plusieurs exploitations industrielles dans un secteur dominé jusqu’ici par de grands groupes miniers internationaux. Les performances opérationnelles de cette première mine industrielle entièrement publique seront donc particulièrement suivies, tant pour leur impact sur les finances publiques que pour leur capacité à confirmer la nouvelle stratégie minière du Burkina Faso.







