Côte d’Ivoire : le FMI débloque 832,8 millions de dollars après la réussite des dernières revues des programmes FEC, MEDC et FRD
Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les sixièmes et dernières revues des programmes appuyés par le Mécanisme élargi de crédit (MEDC) et la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que la cinquième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) en faveur de la Côte d’Ivoire. Cette décision ouvre la voie à un décaissement immédiat d’environ 832,8 millions de dollars (615,558 millions de DTS), tout en saluant les performances macroéconomiques et les réformes engagées par les autorités ivoiriennes.
Les trois programmes ont permis à la Côte d’Ivoire de consolider sa stabilité macroéconomique, de rétablir ses équilibres budgétaires et extérieurs, de renforcer la viabilité de sa dette et d’améliorer sa résilience face aux risques liés au changement climatique.
Plus de 832 millions de dollars immédiatement disponibles
Le décaissement approuvé par le FMI comprend :
- 247,774 millions de DTS au titre du Mécanisme élargi de crédit (MEDC) ;
- 123,884 millions de DTS au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) ;
- 243,9 millions de DTS au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Au total, ces ressources représentent environ 832,8 millions de dollars, destinés à soutenir les efforts du gouvernement en matière de stabilité économique, d’investissement et de réformes structurelles.
Une exécution exemplaire du programme économique
Le FMI souligne que la mise en œuvre des programmes MEDC/FEC, approuvés en mai 2023 pour un montant global de 2,6 milliards de DTS (près de 3,5 milliards de dollars), est restée particulièrement solide.
Tous les critères de performance quantitatifs arrêtés à fin décembre 2025 ont été respectés, tandis que l’ensemble des réformes structurelles prévues pour cette dernière revue a été entièrement réalisé.
Grâce à une stratégie de consolidation budgétaire reposant principalement sur une amélioration des recettes fiscales, le déficit budgétaire est revenu à 3 % du PIB en 2025, conformément au critère de convergence de l’UEMOA.
Parallèlement, le déficit du compte courant s’est fortement réduit et, fait inédit depuis plus d’une décennie, le ratio de la dette publique rapportée au PIB a commencé à diminuer. Cette amélioration a conduit le FMI à reclasser la Côte d’Ivoire dans la catégorie des pays présentant un faible risque de surendettement, contre un risque modéré auparavant.
Des avancées majeures sur les réformes climatiques
Le Conseil d’administration a également salué la réussite du programme financé par la Facilité pour la résilience et la durabilité, approuvé en mars 2024 pour un montant de 975,6 millions de DTS (environ 1,3 milliard de dollars).
Toutes les réformes prévues ont été mises en œuvre, notamment :
- la mise en place d’un mécanisme d’assurance contre les risques climatiques dans l’agriculture ;
- l’adoption d’une stratégie nationale de taxation du carbone ;
- les réformes destinées à promouvoir des véhicules plus propres ;
- l’achèvement des appels d’offres pour deux centrales solaires photovoltaïques.
Selon le FMI, ces mesures contribueront durablement à renforcer la résilience climatique de l’économie ivoirienne et à limiter les risques pesant sur la balance des paiements.
Une croissance solide malgré un environnement international plus incertain
L’institution de Bretton Woods estime que l’économie ivoirienne demeure résiliente, même si les perspectives sont affectées par les tensions géopolitiques mondiales.
La croissance économique devrait atteindre 6 % en 2026, contre 6,5 % en 2025, sous l’effet du ralentissement de la demande extérieure, dans un contexte marqué par la guerre au Moyen-Orient et la montée des incertitudes économiques internationales.
Après une inflation quasiment nulle en 2025, le FMI prévoit une remontée à 3,3 % en moyenne en 2026, principalement sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires.
Le déficit courant devrait remonter à 2,3 % du PIB, tandis que les réserves de change de l’UEMOA demeurent à un niveau jugé confortable, représentant plus de huit mois d’importations.
Un ajustement budgétaire temporaire jugé approprié
Face aux effets du contexte international sur les recettes publiques, notamment celles liées au pétrole et au cacao, les autorités ivoiriennes ont décidé d’assouplir temporairement leur objectif budgétaire pour 2026.
Le déficit public devrait ainsi atteindre 3,8 % du PIB, contre un objectif initial de 3 %. Le FMI considère cette décision comme appropriée, à condition que les mesures de soutien restent ciblées et temporaires.
Les autorités se sont engagées à ramener progressivement le déficit budgétaire au plafond communautaire de 3 % du PIB d’ici 2028, tout en poursuivant les investissements prioritaires inscrits dans le Plan national de développement (PND) 2026-2030.
Le FMI encourage la poursuite des réformes
Le Fonds estime que les perspectives à moyen terme restent favorables grâce à la vigueur de la consommation, au dynamisme des investissements privés, à la montée en puissance des secteurs pétrolier et minier ainsi qu’à la mise en œuvre du nouveau Plan national de développement.
L’institution recommande toutefois de poursuivre les réformes visant à renforcer la mobilisation des recettes fiscales, améliorer la gestion des finances publiques, préserver une stratégie d’endettement prudente, renforcer la gouvernance, lutter contre l’économie informelle et améliorer le climat des affaires.
Selon le Directeur général adjoint du FMI, Kenji Okamura, la réussite des programmes appuyés par l’institution constitue la preuve de l’engagement des autorités ivoiriennes en faveur de la stabilité macroéconomique et des réformes structurelles. Il a également salué l’achèvement intégral des réformes climatiques prévues dans le cadre de la FRD, estimant qu’elles contribueront durablement à la transition écologique, au renforcement de la résilience économique et à la stabilité financière du pays.







