BDEAC : le Maroc parmi les actionnaires d’une banque en croissance
La participation du Maroc au capital de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale continue de témoigner de l’intérêt du Royaume pour le financement du développement en Afrique centrale. Selon les états financiers 2025 de l’institution, établis conformément aux normes IFRS, le Maroc détient 0,40 % du capital de cette banque multilatérale de développement de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale.
Cette participation représente un capital souscrit de 6 milliards de francs CFA, soit environ 9,15 millions d’euros. Sur ce montant, 1,5 milliard de francs CFA ont été appelés et 743 millions de francs CFA effectivement libérés. Le Royaume figure ainsi parmi les actionnaires extérieurs à la CEMAC, aux côtés notamment de la France et du Libyan Africa Investment Portfolio (LAIP).
Un bilan en progression en 2025
Les résultats financiers de la BDEAC traduisent une dynamique de croissance soutenue. L’institution a clôturé l’exercice 2025 avec un total de bilan de 1 040,8 milliards de francs CFA, soit près de 1,59 milliard d’euros, contre 970,4 milliards de francs CFA un an plus tôt.
Le bénéfice net s’est établi à 5,2 milliards de francs CFA, tandis que les capitaux propres ont atteint 386,4 milliards de francs CFA. De leur côté, les prêts et avances à la clientèle se sont élevés à 659,3 milliards de francs CFA, confirmant le rôle central de la banque dans le financement des projets de développement de la sous-région.
Une structure actionnariale dominée par les États de la CEMAC
La BDEAC dispose d’un capital autorisé de 1 500 milliards de francs CFA, dont 1 338,3 milliards déjà souscrits. Les six États membres de la CEMAC contrôlent ensemble 50,88 % du capital, tandis que la Banque des États de l’Afrique centrale en détient 33,43 %.
Cette structure conforte le caractère régional de l’institution, tout en laissant une place à des partenaires internationaux désireux d’accompagner le financement du développement économique et des infrastructures en Afrique centrale.
Lire aussi : BDEAC : consolidation progressive du redressement financier
Des performances solides malgré certains risques
Sur le plan opérationnel, la banque a enregistré un produit net bancaire de 16,3 milliards de francs CFA en 2025, en légère hausse par rapport à l’année précédente. Sa trésorerie a atteint 128,3 milliards de francs CFA, tandis que ses passifs financiers au coût amorti s’élevaient à 587,8 milliards de francs CFA.
Les cabinets d’audit Forvis Mazars Cameroun et Grant Thornton ont certifié sans réserve les comptes de l’institution. Ils ont toutefois attiré l’attention sur plusieurs facteurs de risque, notamment le niveau du capital appelé non encore versé, la concentration du risque de crédit sur les États de la CEMAC et certaines contraintes de liquidité.
Malgré ces défis, les auditeurs estiment que les mesures prises par les États membres et la BEAC devraient permettre à la banque de poursuivre normalement ses activités et d’honorer ses engagements financiers à court et moyen termes.
Un outil clé du financement régional
Dans un contexte marqué par des besoins croissants en infrastructures, en énergie et en industrialisation, la BDEAC renforce progressivement son rôle de levier financier pour l’Afrique centrale. La présence du Maroc dans son capital illustre également le renforcement des liens économiques entre le Royaume et les pays de la CEMAC, au moment où les institutions financières africaines cherchent à mobiliser davantage de ressources pour soutenir la transformation économique du continent.








Commentaires 1