Banques centrales francophones : cap sur la stabilité économique et l’innovation financière
La 28e Conférence des gouverneurs des banques centrales des pays francophones s’est achevée le 29 mai 2026 à Phnom Penh, au Cambodge, sur une volonté commune de renforcer la stabilité économique, l’autonomie des institutions monétaires et l’accompagnement des innovations financières.
Organisée par la Banque nationale du Cambodge en collaboration avec la Banque de France, cette rencontre a réuni 26 gouverneurs de banques centrales issus d’Afrique, d’Europe, d’Asie, des Amériques, du Moyen-Orient et du Pacifique autour du thème : « L’autonomie des banques centrales face aux attentes de l’État et du public ».
L’autonomie des banques centrales au cœur des débats
Durant deux jours, les participants ont échangé sur les grands défis économiques, monétaires et financiers auxquels sont confrontées les institutions monétaires dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les mutations technologiques et les enjeux climatiques.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a rappelé l’importance de l’indépendance des banques centrales dans la conduite de leur mission.
« L’indépendance est une condition de l’efficacité de la banque centrale, tandis que la transparence est une condition de sa reconnaissance », a-t-il déclaré lors de la cérémonie d’ouverture.
Les technologies financières comme moteur de l’inclusion
Les discussions ont également mis l’accent sur la montée en puissance des technologies financières et leur impact sur l’accès aux services financiers.
La gouverneure de la Banque nationale du Cambodge, Chea Serey, a souligné que les innovations numériques jouent un rôle croissant dans l’inclusion financière et la modernisation des systèmes de paiement.
Selon elle, les banques centrales doivent accompagner ces évolutions tout en veillant à limiter les risques susceptibles de fragiliser les consommateurs et les systèmes financiers.
« La banque centrale n’a pas pour rôle de freiner l’innovation, mais de veiller à ce que ces innovations servent les intérêts de la population plutôt que de créer de nouvelles vulnérabilités », a-t-elle affirmé.
La coopération francophone comme levier de résilience
Intervenant à distance, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a mis en avant la valeur de la coopération entre les pays francophones dans un environnement mondial marqué par l’incertitude.
Elle a estimé que cet espace de dialogue constitue un cadre privilégié pour renforcer la confiance mutuelle et favoriser le partage d’expériences entre institutions confrontées à des défis similaires.
Anticiper les défis économiques et climatiques
Les participants ont également insisté sur la nécessité d’améliorer la coordination entre banques centrales afin de mieux anticiper les risques liés à l’évolution de l’économie mondiale, aux tensions géopolitiques, au changement climatique et à la transformation numérique.
Selon le communiqué final publié par la Banque nationale du Cambodge, les échanges menés lors de cette conférence permettront aux institutions monétaires de renforcer leur capacité à préserver la stabilité des prix, soutenir la résilience financière et accompagner les mutations technologiques.
Créée en 1994 à l’initiative de la Banque de France, la Conférence des gouverneurs des banques centrales des pays francophones constitue aujourd’hui un cadre permanent de coopération, de partage d’expertise et de dialogue entre les institutions monétaires de l’espace francophone. Cette édition 2026 marque par ailleurs la troisième organisation de l’événement par la Banque nationale du Cambodge après celles de 1996 et de 2011.







