Le Ghana achève son programme avec le FMI et amorce une nouvelle phase de réformes
Le Ghana franchit une nouvelle étape dans son redressement économique. Après trois années d’appui financier du Fonds monétaire international, le pays a officiellement achevé son programme de Facilité élargie de crédit (FEC), lancé en 2023 dans un contexte de crise économique marquée par une forte inflation, une pression sur les finances publiques et une dette devenue difficilement soutenable.
Un programme de 3 milliards de dollars pour stabiliser l’économie
Le programme, d’un montant de 3 milliards de dollars, visait à restaurer les équilibres macroéconomiques d’un pays confronté à une forte dégradation de ses indicateurs financiers.
Trois ans plus tard, les autorités ghanéennes affichent un bilan globalement positif, avec des résultats atteints plus rapidement qu’anticipé.
Inflation en baisse et reprise de la confiance
Selon les autorités, plusieurs indicateurs se sont nettement améliorés :
- recul significatif de l’inflation ;
- reconstitution des réserves de change ;
- renforcement de la confiance autour du cedi, la monnaie nationale ;
- amélioration de la situation budgétaire ;
- baisse sensible du ratio de dette publique.
La croissance économique a également dépassé les attentes en 2025, soutenue par une reprise plus large de l’activité et par des recettes d’exportation d’or à des niveaux records.
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La restructuration de la dette porte ses fruits
Le Ghana a poursuivi ces dernières années un vaste processus de restructuration de sa dette intérieure et extérieure.
Le pays a notamment conclu plusieurs accords d’allègement avec certains créanciers internationaux dans le cadre du G20.
Cette stratégie a contribué à :
- améliorer la trajectoire de la dette publique ;
- restaurer progressivement la confiance des investisseurs ;
- favoriser le retour des émissions d’obligations du Trésor sur le marché domestique.
Un nouveau cadre avec le FMI sans financement direct
Si le programme FEC est désormais terminé, le Ghana poursuit sa collaboration avec le FMI.
Les deux parties ont conclu un accord autour d’un nouvel Instrument de coordination des politiques (PCI) sur 36 mois, un mécanisme sans financement direct destiné à accompagner les réformes structurelles.
Ce nouveau dispositif vise à :
- consolider les acquis macroéconomiques ;
- maintenir un ajustement budgétaire favorable à la croissance ;
- préserver la soutenabilité de la dette ;
- renforcer la transparence budgétaire et la gouvernance des entreprises publiques ;
- améliorer les politiques monétaires et de change ;
- consolider la stabilité du secteur financier.
Cap sur l’emploi et les investissements sociaux
Avec des marges budgétaires progressivement restaurées, les autorités souhaitent désormais accélérer certains investissements prioritaires.
Les objectifs affichés portent notamment sur :
- le soutien à l’emploi des jeunes ;
- le renforcement des dépenses sociales ;
- la diversification économique.
Le Ghana ambitionne également de ramener son niveau d’endettement à moins de 45 % du PIB d’ici 2034.
Des défis structurels persistent
Malgré les progrès enregistrés, plusieurs défis demeurent.
Le FMI estime que les réformes doivent se poursuivre, notamment dans :
- le secteur de l’énergie ;
- la filière cacao ;
- la gestion des entreprises publiques.
Les vulnérabilités du système bancaire et les risques liés au contexte international continuent également de peser sur les perspectives économiques du pays.
Préserver les acquis pour éviter un retour aux déséquilibres
Le FMI recommande au Ghana de maintenir une politique d’emprunt prudente et de poursuivre la mise en œuvre de sa stratégie de refinancement de la dette pour 2027-2028.
Le renforcement de la gestion et de la transparence de la dette reste également jugé essentiel pour garantir un accès durable aux marchés financiers.
Pour Accra, l’enjeu est désormais clair : transformer cette phase de stabilisation macroéconomique en croissance durable, portée par le secteur privé et la création d’emplois.







